Projets de recherche Après-Covid

Les 33 projets de recherche de l’appel extraordinaire «Après Covid-19» sont des démarches à court terme, destinés à se terminer à la fin de l’année 2021. Dans certains cas, ils permettront de tester de nouvelles technologies, alors que dans d’autres les innovations seront directement valorisables par les entreprises. Il est également possible que certaines PME poursuivent leur collaboration avec les hautes écoles au moyen d’autres financements. Dans tous les cas, il s’agit d’une approche « gagnant- gagnant », qui permet aux ingénieur·es de la HES-SO de mettre à l’épreuve leurs compétences, tout en permettant aux PME de rester compétitives durant et après la crise sanitaire.

Ces projets ont été sélectionnés parmi 100 candidatures et proviennent de toutes les hautes écoles du domaine Ingénierie et Architecture de la HES-SO.

Présentation des projets (non exhaustive)

HE-Arc Ingénierie

Proposer une alternative de polissage du titane bêta, plus efficace et plus écologique que les méthodes existantes d'électropolissage : c'est le double défi qu'a relevé une équipe de la Haute Ecole Arc Ingénierie. L'intérêt de ce développement est évident : le titane bêta - qui possède d'excellentes capacités de déformation à froid, ce qui le rend très utile à l'industrie - est déjà utilisé dans le domaine aérospatial par exemple. Mais comme son polissage est difficile, il n'a pas encore conquis des secteurs comme l'horlogerie ou la joaillerie, dans lesquels l'apparence, ou un effet miroir brillant, sont indispensables.

Les ingénieurs de la Haute Ecole Arc Ingénierie collaborent avec la PME de la Chaux-de-Fonds PX Group pour ce projet. Cette dernière est spécialisée dans le domaine des métaux à haute valeur ajoutée et est active sur de nombreux marchés qui vont de la santé à l'horlogerie. Maitriser une technologie d'électropolissage du titane bêta lui ouvrirait des perspectives intéressantes dans l'horlogerie notamment.

Cela fait déjà plusieurs mois que l'équipe de la Haute Ecole Arc Ingénierie travaille sur ce projet, dont l'une des difficultés consiste à tester d'autres substances du tableau périodique que celles habituellement utilisées dans l'électropolissage du titane, comme les perchlorures ou les fluorures, qui sont toxiques, explosives et instables. Ces substances requièrent des conditions d'utilisation onéreuses, des locaux adaptés, ainsi que de nombreuses précautions d'utilisation et de stockage. Parallèlement, les chercheur.es ont développé une méthodologie pour tester la brillance du titane poli au moyen d'un protocole innovant qui intègre une analyse au microscope. Selon le responsable de l'équipe, les résultats ont déjà dépassé les ambitions de départ et les perspectives s'annoncent très positives pour PX Group.

Contact : Pierre-Antoine Gay (Professeur HES associé - pierre-antoine.gay(at)he-arc.ch)

Haute école d'ingénierie et d'architecture de Fribourg - HEIA-FR

Aerolighting est une PME spécialisée dans l'éclairage des aéroports et des héliports. Elle fait appel aux compétences des ingénieur-es de la Haute école d'ingénierie et d'architecture de Fribourg - HEIA-FR, afin de développer l'électronique liée aux feux d'obstacles, des lumières souvent placées sur des grues ou des antennes qui avertissent les pilotes.

L'entreprise fribourgeoise Aerolighting propose une large gamme de feux d'aéroports et d'héliports de faibles et fortes puissances, qui possèdent chacun des fonctionnalités spécifiques. Ses produits, basés sur une technologie LED peu gourmande en énergie, nécessitent une électronique de contrôle et de commande spécifique. Afin de rester concurrentielle et de pouvoir répondre rapidement à des appels d'offre, la PME collabore avec les ingénieur-es de la Haute école d'ingénierie et d'architecture de Fribourg - HEIA-FR dans le cadre du projet CIEU - Commande Intelligent et Electronique Universelle de feux LEDs. L'objectif du projet consiste à développer une carte de commande et de contrôle électronique pour les feux d'obstacles. La fonction de ces derniers, souvent placés sur une grue ou sur une antenne, consiste à avertir les pilotes d'un danger. La carte électronique doit donc non seulement permettre de gérer ces feux, mais également faire en sorte que leur flash soit synchronisé, avec ou sans signal satellite. Cette synchronisation doit aussi pouvoir se faire avec des appareils produits par d'autres entreprises.

L'équipe de la HEIA-FR travaille donc à développer cette carte intégrable aux feux LEDs d'ici l'automne 2021. Son objectif consiste à produire une carte dont l'installation est simple et dont l'architecture permettra par la suite des utilisations différentes, adaptées à tout type de feux. Un aspect important de ce projet consiste à transférer les connaissances acquises aux employé-es d'Aerolighting, afin qu'ils ou elles puissent les intégrer dans leur processus de production basé sur le prototypage rapide. Celui-ci leur permet d'intégrer rapidement les innovations, afin de se démarquer de la concurrence.

Contact : Daniel Oberson (Professeur HES associé - daniel.oberson(at)hefr.ch)

Les ASICs - Application Specific Integrated Circuit en anglais, ou Circuit intégré propre à une application en français - qui intègrent des microcontrôleurs embarqués, soit des circuits capables de programmer des actions, permettent de développer des capteurs miniaturisés de dernière génération. Ils peuvent ainsi répondre aux exigences individuelles des clients.

Le design de circuits intégrés propres à une application (ASIC) est un élément clé du développement des capteurs industriels proposés par l'entreprise fribourgeoise Contrinex. Proposant plus de 6'000 produits sur les marchés en Europe, en Asie, en Amérique du Nord et du Sud, cette multinationale de 500 employés considère qu'il lui est indispensable d'innover afin de rester concurrentielle dans une économie ralentie par la pandémie du Covid-19. Afin d'être en mesure de répondre à la demande croissante de fonctionnalités embarquées pour les capteurs, il s'avère nécessaire d'élaborer un ASIC avec microcontrôleur embarqué, soit capable de programmer des actions différentes en fonction des besoins du client.

Actuellement, les capteurs Contrinex sont constitués d'un ASIC et de quelques composants externes. S'ils sont capables de bien s'intégrer à une chaine de production industrielle, leur intelligence est figée. Ils ne peuvent donc pas s'adapter aux exigences personnelles des clients en ce qui concerne leurs fonctionnalités, ni s'adapter aux changements des standards industriels. Ils ne peuvent pas non plus intégrer de mises à jour.

L'objectif du projet CTUxuC ("Développement d'un circuit intégré avec microcontrôleur embarqué pour des capteurs intelligents de nouvelle génération"), mené conjointement par la HEIA-FR et par Contrinex, consiste à développer un premier prototype de capteur flexible, capable d'intégrer des mises à jour. Il s'agit également de réduire le nombre de composants externes à l'ASIC, afin de diminuer la taille du capteur et d'augmenter sa flexibilité. Pour finir, la consommation du capteur sera également optimisée, de même que ses coûts.

La conception d'un ASIC représente une phase cruciale dans le domaine des capteurs industriels. En raison du coût de production des capteurs, qui s'élève rapidement à plusieurs dizaines, voire centaine de milliers de francs, ainsi que leur temps de fabrication, aucune erreur n'est permise. La fabrication des capteurs issus du projet de la HEIA-FR et de Contrinex est prévue pour l'automne 2021.

Contact : Lorenzo Pirrami (Professeur HES associé - lorenzo.pirrami(at)hefr.ch)

Softcar est une startup fribourgeoise spécialisée dans le développement de véhicules dont l'empreinte carbone, de la production à la fin de vie en passant par l'utilisation, est réduite à son minimum. Des ingénieurs de la Haute école d'ingénierie et d'architecture de Fribourg - HEIA-FR collaborent avec elle afin de développer un prolongateur d'autonomie fonctionnant au gaz pour ses voitures électriques.

La startup fribourgeoise Softcar développe actuellement un véhicule de type city car électrique. Sa conception optimise le bilan carbone sur l'ensemble de son cycle de vie grâce à l'utilisation de matériaux en composites avancés thermoplastiques recyclables soigneusement sélectionnés, ainsi qu'à une logique de production et de recyclage au plus près du consommateur final. Il sera par exemple possible de remplacer entièrement la carrosserie de son véhicule si besoin.

Ce city car très léger est prévu dans une variante totalement électrique, permettant une autonomie urbaine de 170 km pour quatre places. Une seconde variante permettra d'accroitre l'autonomie à 400 km, au moyen d'un range extender (prolongateur d'autonomie en français) à gaz, appelé GasREX. Un range extender est un système qui génère de l'électricité pour recharger la batterie. Il faut savoir qu'à l'heure actuelle, les prolongateurs d'autonomie sont peu répandus, fonctionnant au diesel ou à l'essence et sont volumineux. En fonctionnant au gaz - voire encore mieux, au biogaz - GasREX limite l'empreinte carbone du moteur. Pour s'intégrer de façon harmonieuse au city car développé par Softcar, GasREX doit être léger et de taille réduite.

L'objectif de l'équipe de la HEIA-FR consiste à réaliser une optimisation des réglages du moteur GasREX et de ses paramètres comme la puissance, la consommation ou le bruit. Ces expérimentations sont menées sur un banc d'essais moteurs dans les laboratoires de la HEIA-FR. Cette méthodologie permet d'avancer plus vite et d'être plus précis que lors d'expérimentations directement menées sur le véhicule. Elle représente ainsi un atout pour Softcar, dont les développements ont pris du retard en raison de la pandémie : de nombreux fournisseurs n'ont en effet pas été capables de respecter les délais depuis le printemps 2020. Cette collaboration académique permettra ainsi à GasREX, dont le potentiel concerne non seulement le marché suisse, mais aussi les économies émergentes qui possèdent des réseaux de stations-services à gaz naturel, comme en Inde, au Moyen-Orient ou en Afrique. L'objectif étant de ne pas se positionner trop tardivement sur un marché très concurrentiel comme celui-ci.

Contact : Christian Nellen (Professeur HES associé - christian.nellen(at)hefr.ch)

La startup Gjosa a mis sur le marché une technologie de collision de jets qui équipe des pommeaux de douche. Active sur le marché de l'hospitalité (hôtellerie, salons de coiffure, etc.), Gjosa a souhaité diversifier les débouchés de sa technologie. Une équipe de la Haute école d'ingénierie et d'architecture de Fribourg - HEIA-FR étudie les possibilités d'application de la technologie de collision de jets à la chimie de synthèse.

La startup biennoise Gjosa a développé une plateforme technologique qui fait entrer en collision précise plusieurs jets, ce qui crée de très fines gouttelettes à haute vitesse. Intégrée à des pommeaux de douche, cette technologie permet non seulement d'économiser jusqu'à 65% d'eau et d'énergie, mais favorise également un meilleur lavage des cheveux, ainsi qu'un confort accru. Très active dans le domaine de l'hospitalité, Gjosa a ainsi équipé des hôtels, des hôpitaux ou des salons de coiffure avec sa technologie. Comme ce secteur a été fortement affecté par la pandémie, la startup cherche de nouveaux débouchés, ainsi qu'à diversifier son portefeuille de clients. Elle collabore avec une équipe de l'institut ChemTech de la HEIA-FR pour développer des applications utilisables en chimie de synthèse.

Les réactions obtenues par collision de jets existent déjà dans le domaine de la chimie de synthèse. Il s'agit de méthodes de réactions continues qui sont particulièrement utilisées pour mélanger deux fluides qui ne se mixent pas bien. Or, pour obtenir une réaction, il faut que les deux liquides se mélangent bien et pendant un certain temps. La technologie de collision de jets développée par Gjosa, moyennant quelques adaptations, pourrait proposer des solutions plus efficaces et plus économiques que celles existant actuellement sur le marché de la chimie de synthèse. Elle permettrait également  de combiner quatre, voire six jets différents.

L'institut ChemTech travaille donc actuellement à démontrer l'efficacité de la technologie de Gjosa en tant que mélangeur statique dans les procédés de synthèse chimique. Les premiers résultats sont prévus d'ici à l'automne 2021.

Contact : Chrsitophe Allemann (Professeur HES ordinaire - christophe.allemann(at)hefr.ch)

La technologie d'impression à jet d'encre pourrait permettre de fabriquer des prototypes de composants de céramiques miniaturisés plus rapidement et avec plus de flexibilité. Une équipe de la Haute école d'ingénierie et d'architecture de Fribourg - HEIA-FR teste actuellement ce processus pour la PME Ceramaret.

 

La PME neuchâteloise Ceramaret est spécialisée dans la fabrication de pièces de céramiques de très petite taille destinées aux secteurs automibile, horloger ou encore médical. Ceramaret, afin de répondre en permanence aux besoins et aux attentes de ses clients, investit continuellement dans la recherche de matériaux et de procédés de fabrication innovants. La crise sanitaire a souligné la nécessité d'investir dans de nouvelles méthodes de travail et de fabrication, y compris dans le domaine de la céramique. La pandémie aurait en effet pu affecter fortement le processus de production en raison de périodes de quarantaine obligatoire, mais également par l'imposition de mesures de distanciation sociale entre les employés. Comme les processus de production se font encore manuellement, l'absence de personnel peut rapidement faire perdre du temps. C'est dans ce contexte que Ceramaret a fait appel aux compétences des ingénieur-es de la HEIA-FR, afin d'accélérer la digitalisation de certaines étapes de ses processus de production.

La technologie de l'impression à jet d'encre est de plus en plus explorée dans le contexte de l'industrie 4.0. La difficulité, c'est que les modèles existant sur le marché sont onéreux (entre CHF 200'000 et CHF 500'000) et offrent peu de flexibilité par rapport à la production de composants en céramique. Spécialisée à la fois dans les imprimantes et dans les "encres" - ou plutôt les matériaux imprimables - une équipe de l'institut iPrint de la HEIA-FR met actuellement au point à la fois une imprimante et un mélange permettant de produire prototypes de composants en céramique de la meilleure qualité possible. Actuellement, cinq étapes consécutives sont nécessaires entre l'initiation et la réalisation d'une pièce en céramique, même pour du prototypage. Le processus complet peut prendre jusqu'à quelques semaines. De plus, en cas d'échec, l'ensemble du processus doit être réinitialisé.

Grâce à l'utilisation de la technologie d'impression à jet d'encre combinée aux bons choix des matériaux, soit des encres composées de nano-zirconia ayant une taille de particule et une suspension appropriée, l'ensemble du processus pourrait être réduit à 48 heures. De plus, contrairement aux techniques de moulage par injection, pour lesquelles seule la qualité du produit final peut être étudiée, l'approche "couche par couche" fournie par l'impression à jet d'encre garantira un contrôle de qualité à des instances intermédiaires. Enfin, l'impression à jet d'encre permet de produire des pièces de forme complexe, ce qui donne une grande liberté aux concepteurs-trices et aux ingénieur-es. Cette nouvelle technologie d'impression a permis la conceptualisation, la production et le test de pièces qu'il n'est pas possible de produire avec des procédés conventionnels.

Actuellement en phase de test, ce projet devrait aboutir en automne 2021. Il pourrait à terme servir non seulement pour la production de prototypes, mais aussi pour la production de pièces commercialisables. Dans tous les cas, il confère un avantage concurrentiel indéniable à Ceramaret et soutient ses capacités d'innovation et de résilience.

Contact : Ioana Preda (Professeure HES associée - ioana.preda(at)hefr.ch)

Le logiciel "DIAL +" est utilisé par les architectes en phase de préprojet. Il leur permet de simuler la consommation énergétique d'un local, afin de l'optimiser. Une équipe de la Haute école d'ingénierie et d'architecture de Fribourg - HEIA-FR développe actuellement de nouvelles fonctionnalités pour ce logiciel, qui faciliteront l'appréciation des risques de surchauffe estivale.

Le logiciel "DIAL +" (https://www.dialplus.ch/infos) a été développé et diffusé depuis une dizaine d'années par la startup Estia, basée sur le campus de l'EPFL. Cet outil de simulation est destiné à des bureaux d'architectes afin de leur permettre d'optimiser la consommation énergétique d'un local déjà en phase de préprojet. Cette phase offre en effet encore de larges marges de manoeuvre et l'utilisation de "DIAL +" évite à l'architecte de devoir recourir aux compétences d'un expert en physique du bâtiment.

"DIAL +" prend en particulier en compte l'apport en lumière naturelle d'un local. Alors que cette dernière est évidemment bienvenue en hiver, de larges baies vitrées peuvent entrainer un risque de surchauffe en été. Or, les normes de la Société suisse des ingénieurs et des architectes (SIA) ont évolulé ces dernières années, en particulier la norme 180 dont l'objectif est de prévenir le risque de surchauffe estival. Il s'agit notamment d'éviter de faire appel à des systèmes de climatisation gourdmands en énergie pour refroidir les bâtiments. Facile d'utilisation, "DIAL +" permet à l'architecte d'ajuster les différents paramètres liés à l'apport de lumière naturelle d'un local, comme la taille et la géométrie des fenêtres, leur orientation, leurs équipements de protection, les possibilités d'aération nocture ou encore les matériaux de construction.

Les ingénieur-es de la HEIA-FR développent actuellement de nouvelles fonctionnalités pour le logiciel "DIAL +" qui faciliteront encore davantage les choix des architectes en lien avec la surchauffe estivale. Le logiciel calcule, par exemple, avec précision la progression de la température intérieure. Une passerelle vers le logiciel "INDALUX", développé par l'équipe de la HEIA-FR, permettra de prendre en compte les paramètres environnementaux du local, comme la taille des immeubles aux alentours. Ce projet est donc "gagnant-gagnant" pour la HEIA-FR et pour Estia, qui ne dispose pas des moyens à l'interne pour le développement de nouvelles fonctionnalités pour "DIAL +".

Contact : Raphaël Compagnon (Professeur HES associé - raphael.compagnon(at)hefr.ch)

Haute Ecole d'Ingénierie et de Gestion du canton de Vaud - HEIG-VD

Des ingénieurs·es de la Haute Ecole d'Ingénierie et de Gestion du canton de Vaud - HEIG-VD développent des solutions pour la retransmission de grands événements en live en collaboration avec la PME neuchâteloise NuLink. Leur objectif est d'utiliser moins de bandes de fréquences et d'augmenter le matériel sans fil pour remplacer la câble et de limiter le personnel technique présent sur place, afin de diminuer les coûts.

L'industrie du broadcast est en cours de digitalisation, avec de plus en plus d'équipements sans fil déployés pour la production de contenu audio-visuel en live.

Ces équipements permettent une plus grande mobilité, ouvrent des opportunités pour la création de nouveaux types de contenus et participent à la réduction des coûts d'exploitation. Mails ils sont complexes et utilisent beaucoup de bandes de fréquences spécifiques, appelées PMSE (Programme Making and Special Events). A titre d'exemple, chaque caméra sans fil autour d'un terrain de football nécessite plusieurs fréquences en plus de celle pour l'image. L'ensemble d'un méga-événement, comme les Jeux Olympiques, en nécessite plusieurs milliers. Or, depuis quelques années, le spectre pour les PMSE devient de moins en moins disponible.

Développer des technologies de retransmission utilisant moins de fréquences représente donc un enjeu de taille pour l'avenir de l'industrie du broadcast. Cette dernière a, de plus, fortement été impactée par la pandémie du Covid-19 en raison de toutes les annulations d'événements liés aux mesures de confinement. Il est donc essentiel pour les entreprises actives dans ce secteur, comme la PME NuLink à Neuchâtel, d'innover afin de rester concurrentielles. C'est pourquoi cette dernière collabore avec des ingénieur-es de la HEIG-VD pour développer de nouvelles technologies permettant de retransmettre les grands événements live avec moins de fréquences.

La solution sur laquelle travaille la HEIG-VD est basée sur le déploiement de réseaux privés 5G couvrant les bandes PMSE mise à disposition suivant les pays en les configurant avec des systèmes SDR (Software Defined Radio). Il s'agit en quelque sorte d'adapter les technologies utilisées par les téléphones mobiles à la retransmission d'événements live. Cela permettrait à toutes les caméras d'un événement d'utiliser la même fréquence. Et cela rendrait possible également de travailler sans fil avec des gains en termes de coût, de personnel et de temps d'installation, comparé à une installation câblée de plusieurs kilomètres.

Actuellement en phase de validation, ce projet pourrait se voir concrétiser d'ici la fin d'année et, pourquoi pas, être utilisé à grande échelle pour les prochains Jeux Olympiques.

Contact : Romuald Mosqueron (Professeur HES associé - romuald.mosqueron(at)heig-vd.ch)

Une équipe de la Haute École d'Ingénierie et de Gestion du Canton de Vaud - HEIG-VD recherche le procédé parfait pour réaliser des assemblages permanents de cuivre de titane de cuivre et d'acier. Son objectif : joindre les deux métaux sans les altérer, ni les déformer, au moyen de la technologie de diffusion solide sous vide.

Les produits bimétalliques sont utilisés dans de nombreux domaines comme le luxe ou la microtechnique. Mais assembler des métaux différents de manière fiable, propre et avec une interface de contact quasi parfaite n'est pas simple. Loin de l'image de l'artisan qui chauffe les métaux au chalumeau pour les déformer, les fondre et les souder, le procédé développé dans les laboratoires de la HEIG-VD permet l'assemblage permanent des pièces tout en restant dans leur état solide. Une précision dimensionnelle en-dessous du dixième de millimètre est possible, sans modifier les métaux de base. Cela s'appelle la diffusion à l'état solide, qui se réalise dans un four de traitement thermique sous vide.

Cette technologie complexe, réservée à la production de systèmes à haute valeur ajoutée, présente de nombreux avantages : interface nette, absence de porosités et de crevasses de brasures, possibilités de lier les matériaux réfractaires ou encore jonction permanente entre des métaux très différents.

Dans le cadre de l'appel à projets "Après Covid-19", les ingénieurs de la HEIG-VD collaborent avec PX Group, une PME basée à la Chaux-de-Fonds active dans le domaine des métaux spéciaux. Leur objectif consiste à tester des processus d'assemblage de cuivre et de titane, ainsi que de cuivre et d'acier. Les recherches consistent non seulement à maitriser des procédés de diffusion à l'état solide les plus efficaces, mais aussi à adapter les outils de fabrication, et enfin à contrôler la résistance mécanique et chimie de l'assemblage obtenu. Les premiers résultats seront présentés d'ici à l'automne 2021.

Les assemblages choisis sont particulièrement intéressants pour des développements ultérieurs dans le domaine du luxe, car ils possèdent des propriétés similaires à certains systèmes bimétalliques précieux. PX Group, qui fournit notamment l'industrie horlogère, a été affecté par la crise sanitaire. Innover dans le domaine des assemblages de métaux spéciaux lui permettra de propose de nouveaux produits correspondants aux attentes de ses clients.

Contact : Randoald Müller (Professeur HES associé - randoald.muller(at)heig-vd.ch)

Une équipe de la Haute Ecole d'Ingénierie et de Gestion du Canton de Vaud - HEIG-VD souhaite développer un contrôleur de mémoire GDDR6 intégré dans un circuit composé de cellules programmables. L'objectif consiste à optimiser les transferts de mémoire pour des applications de traitement massif de données à haut débit, typiquement utilisées dans la recherche en physique des particules.

Les mémoires GDDR6 sont des dispositifs de stockage de données à haute performance développés récemment. Elles permettent d'améliorer les capacités des systèmes d'acquisition en doublant la bande passante au niveau de la mémoire par rapport aux solutions précédentes. Une innovation bienvenue, car les mémoires actuelles constituent souvent les goulots d'étranglement de ces systèmes.

Le souci, c'est qu'il n'existe actuellement pas de contrôleur disponible pour une mise en oeuvre des mémoires de type GDDR6 dans les circuits intégrés ou FPGA - Field Programmable Gate Arrays. Et celui-ci s'avère nécessaire pour mettre en oeuvre des systèmes d'acquisition répondant à des contraintes de débit élevées, par exemple dans le domaine de la recherche en physique. Les accélérateurs de particules du CERN nécessitent en particulier une capacité de traitement de données ultra rapide, afin de pouvoir agir le plus vite possible en fonction de l'état du système et des photons. Ils doivent pouvoir stocker toutes les données recueillies pour analyser le système à posteriori.

Le projet GDDR6 IP Core vise donc à développer ce contrôleur, en partenariat avec la PME IOxOS, basée à Gland (VD). Cette dernière est spécialisée dans les cartes électroniques destinées aux domaines de la recherche en physique, en aérospatial ou de l'énergie. Elle souhaite intégrer ce contrôleur de mémoire dans ses produits d'ici 2022, afin d'améliorer leurs performances.

En attendant, les chercheur-es de la HEIG-VD ont déjà développé un prototype de contrôleur de mémoire GDDR6, une opération délicate qui nécessite passablement de calibrage. Ils sont actuellement en train de vérifier leurs résultats grâce à une méthodologie de vérification dernier cri appelée UVVM (Universal VHDL Verification Methodology). Il s'agit aussi, pour cette équipe spécialisée dans l'accélération du traitement de données,  de tester cette méthodologie afin de gagner en compétences et en expérience.

Contact : Yann Thoma (Professeur HES ordinaire - yann.thoma(at)heig-vd.ch)

Au Tour de France, à Roland-Garros ou aux Jeux Olympiques, on voit des caméras sans fil sur des motos ou suspendues à des câbles. Un important dispositif technologique est ensuite nécessaire pour obtenir une qualité d'image irréprochable, qui comporte des algorithmes spécifiques. Ce sont précisément ces derniers qu'une équipe de la Haute Ecolde d'Ingénierie et de Gestion du Canton de Vaud - HEIG-VD développe en collaboration avec la PME Livetools Technology.

Lorsque l'on parle de transmission sans fil, une des premières choses qui vient à l'esprit concerne les problèmes de fiabilité de la liaison. Tout le monde a déjà été confronté à une station radio qui grésille, ou à une image vidéo qui se fige. Les éléments pouvant perturber une transmission radio sont multiples. Il peut s'agir d'obstacles physiques, d'interférences avec d'autres systèmes de transmission (WiFi, 5G, etc.) ou encore de conditions météo.

Une des méthodes les plus efficaces pour améliorer les performances et la fiabilité en présence d'obstacles et de réflexions multiples consiste à utiliser plusieurs antennes de transmission et de réception. Ces systèmes sont connus sous le nom de MIMO (multiple in, multiple out) et ils exsitent depuis plusieurs années. Néanmoins, afin de profiter pleinement des avantages des transmissions MIMO, des algorithmes spécifiques de traitement de signal doivent être implémentés.

Le projet VideoAnyWhere (VAWe), mené par des ingénieur-es de la HEIG-VD en collaboration avec la PME vaudoise Livetools Technology, développe précisément une nouvelle technologie de transmission pour l'intégrer dans des systèmes sans fil. Celle-ci augmente la stabilité et la performance de transmission et ajoute une communication "full duplex". Cela se traduit, en pratique, par la possibilité de transmettre un flux audio et vidéo à haut débit dans un sens, ainsi qu'un canal de retour dans l'aute sens. Ce dernier permet au technicien du centre de transmission de contrôler les caméras sur le terrain avec une robustesse accrue.

Spécialisée dans les technologies de transmission haut de gamme destinées aux grands événements sportifs ou culturels, Livetools Technology a été impactée par les annulations massives dues à la crise sanitaire. La nouvelle technologie développée par la HEIG-VD lui permettra  de se positionner idéalement sur ce marché, actuellement en phase de redémarrage.

Contact : Alberto Dassatti (Professeur HES ordinaire - alberto.dassatti(at)heig-vd.ch)