Le travail de Bachelor : mon expérience du terrain

Publié le 31.05.2022. Mis à jour le 31.05.2022.

Dans le cadre de mon travail de bachelor en agronomie, j’ai pu me familiariser avec ce qu’on appelle «les auxiliaires des cultures».

Par Pauline Clerc, ambassadrice du domaine Ingénierie et Architecture et étudiante en agronomie

Mais qu’est-ce qu’un auxiliaire de culture ? Au sens large, il s’agit d’un organisme vivant qui fournit des services écosystémiques favorisant la production agricole. Sa fonction est donc de faciliter le travail des agriculteurs et des agricultrices ou de remplacer les intrants apportés sur les cultures. Par exemple, il peut être un ennemi naturel des ravageurs, comme des parasites ou des prédateurs, ou un insecte pollinisateur.

Pour attirer et conserver les auxiliaires sur les parcelles, plusieurs méthodes existent : l’une d’elles consiste à leur fournir un habitat qui leur permette de se nourrir et de se développer. En Suisse, une pratique courante est d’installer des bandes fleuries sur une partie des parcelles. Comme son nom l’indique, il s’agit de zones munies de fleurs qui visent notamment à nourrir, grâce au nectar fourni, les abeilles, les bourdons ou encore les guêpes parasitoïdes.

La thématique que j’ai choisie – parmi de nombreux sujets très intéressants – implique de suivre l’évolution de bandes fleuries aux abords de quatre parcelles de colza situées dans le canton de Genève. Mon travail consiste à observer la présence de carabes et de staphylins au sein des bandes fleuries et dans le colza car ces insectes sont considérés comme des prédateurs des ravageurs du colza, à l’exemple du mélighète. Pour ce faire, et avec l’aide d’une étudiante de ma classe, nous avons installé 36 pièges à insectes dans les quatre champs de colza situés à Avusy, Meyrin, Jussy et Meinier.

Le piège, qu’on nomme « pot barber », est constitué d’un tube de PVC de 20 centimètres enterré dans le sol au sein duquel est placé une fiole munie d’un entonnoir dont l’ouverture évasée est censée épouser la surface du terrain. Un petit toit est installé afin que la pluie n’inonde pas les pièges. La fiole est remplie à 70% d’alcool et à 30% d’eau pour que les insectes s’y noient plus facilement, évitant ainsi qu’ils se dévorent entre eux.

Les pièges sont installés 3 jours avant d’être relevés et nous renouvelons l’expérience tous les mois. Cela implique de nombreuses heures de travail: en effet, les zones d’études étant très éloignées les unes des autres, nous avons passé beaucoup de temps à nous déplacer. Mais cela en a valu la peine! En effet, lors de notre première expédition, nous avons pu déjà observer quelques beaux spécimens de carabes. Je me réjouis d’ailleurs de continuer cette expérience et d’en connaître plus sur ces petites bêtes qui nous rendent bien des services et qui permettront peut-être un jour d’éviter l’utilisation de pesticides dans le colza !

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