FR

Fashion Victims? Restaurer et inventer les vases antiques au XIXe siècle

Design et Arts visuels Genève

Le projet analyse les pratiques de restauration des vases antiques au XIXᵉ siècle, issues des fouilles des nécropoles étrusques. À cette époque, des restaurateurs autodidactes reconstituaient les céramiques fragmentées en les adaptant au goût des collectionneurs, parfois en recomposant des pièces à partir de fragments hétérogènes. Ces interventions, révélées dans les années 1960 et considérées comme des falsifications, ont conduit les musées à entreprendre des campagnes de dérestauration, réduisant aujourd’hui les traces de ces pratiques.

Le projet Fashion Victims propose de poser un regard nouveau sur les restaurations anciennes. Il envisageait le recensement et l’analyse des pratiques de restauration du XIXe s. en les considérant comme de véritables marqueurs culturels, révélateurs d’un rapport changeant à l’antique. Il cherchait également à démontrer que ces interventions peuvent contenir des indices précieux permettant de situer le moment et le lieu de la restauration des artefacts, parfois même d’en identifier les acteurs. Autant d’éléments susceptibles d’enrichir la biographie d’objets dont les contextes de découverte ont été perdus. En croisant l’analyse de sources anciennes et l’observation directe d’un corpus de vases issus de collections anciennes constituées dans l’Italie du Risorgimento, le projet a permis de mettre en lumière les dynamiques qui ont présidé à la production de ces restaurations antiquaires et d’en évaluer la portée historique et culturelle. En plaçant l’exposition au centre du processus de recherche, le projet inverse la logique habituelle : il fait de la mise en espace un outil d’expérimentation et de réflexion. Cette approche fait dialoguer architecture et art contemporain, en repensant la manière dont l’architecture peut être représentée, partagée et vécue.