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Quand la mobilité virtuelle permet de créer de vrais liens

UNITA Publié le 18.02.2026. Mis à jour le 13.02.2026.

Donner des cours de français à des étudiant·es réparti·es dans plusieurs pays, tout en maintenant un cadre académique clair : c’est l’expérience vécue par Sonja Schreiner dans le cadre d’UNITA. Maitre d'enseignement et responsable du Centre de langues de la HES-SO Valais-Wallis, elle partage son regard sur la mobilité virtuelle.

UNITA propose des cours de mobilité virtuelle, qui permettent aux étudiant·es de suivre des cours dispensés par des enseignant·es d’universités partenaires, sans déplacement physique. Les mobilités virtuelles proposées concernent des cours de langue romanes (espagnol, italien, portuguais, roumain et français), mais également des cours spécialisés dans des domaines particuliers.

Responsable du Centre de langues de la HES-SO Valais-Wallis et maître d’enseignement, Sonja Schreiner s’engage dans UNITA depuis 2023. Elle est membre d'un groupe de travail sur l’intercompréhension et collabore sur d’autres projets, notamment la mobilité. L’année dernière, elle a dispensé des cours de Business French en mobilité virtuelle, à destination d’étudiant·es issu·es de différentes universités partenaires. Cette année, elle a décidé de renouveler l’expérience. 

Diplômée d'un master en lettres et langues romanes, Sonja retrouve dans UNITA une continuité avec son propre parcours académique, centré sur les langues et les compétences transversales. Pour elle, la mobilité virtuelle ne se résume pas à un simple outil numérique. Elle insiste sur l’importance du cadre académique, de la régularité et de l’engagement demandé aux étudiant·es.

« Cela reste un cours, avec des objectifs et une évaluation finale. La différence, c’est qu’il est gratuit, reconnu, et dispensé par un·e professeur·e qui ne connaît pas les étudiant·es au départ. Le retour est donc très objectif. »

L’opportunité de donner un cours en mobilité virtuelle s’est construite progressivement. Sonja explique avoir été en contact avec plusieurs personnes impliquées dans UNITA, puis avoir été sollicitée pour proposer un enseignement. Elle mentionne avoir reçu des informations et un cadre clair pour la mise en place des cours, tout en ayant la flexibilité de pouvoir organiser le contenu comme elle le souhaitait. 

« Ce qui m’a motivée, c’est la possibilité de mettre à profit mes compétences en intercompréhension, tout en échangeant avec des étudiant·es d’autres contextes universitaires. » 

Son intérêt pour l’enseignement à distance a aussi joué un rôle clé. Elle estime que le virtuel peut devenir un véritable environnement pédagogique, à condition d’être pensé pour ce format, en accordant une attention particulière au rythme, aux interactions, à la clarté du cadre et à la posture de l’enseignant·e. Dans ses cours de mobilité virtuelle, les retours des étudiant·es ont surtout mis en avant l’importance de la présence, de l’accompagnement et des échanges en direct, plutôt que la flexibilité des phases asynchrones. 

« Quand il y a des phases en direct, les échanges avec un public international apportent quelque chose que d’autres plateformes n’offrent pas. »

Le travail avec un public international a également influencé sa manière d’enseigner. Elle explique qu’elle ne savait pas exactement à quoi s’attendre au départ, notamment en raison de l’hétérogénéité des profils (bachelor, master et doctorat) et des attentes variées. Cette diversité a demandé des ajustements, mais elle est rapidement devenue une ressource pédagogique. 

Plusieurs défis ressortent de son témoignage, notamment en matière de communication. Avec des étudiant·es réparti·es dans différentes institutions et utilisant divers outils, l’anticipation devient essentielle dès la conception du cours. Elle mentionne aussi des enjeux logistiques liés aux décalages horaires, plus faciles à gérer dans de petits groupes mais rapidement complexes à l’échelle d’un réseau international, et qui doivent être intégrés à la planification des mobilités virtuelles.

Enfin, elle revient à ce qu’elle considère comme la principale plus-value d’un cours de langue aujourd’hui : le lien humain. Malgré la multiplication des outils numériques et des applications, elle estime qu’un cours structuré, animé par un·e enseignant·e, permet une expérience différente. Elle met en avant la pratique authentique de la langue, le gain de confiance à l’oral et les compétences interculturelles vécues dans le groupe. 

Si l’enseignement se fait à distance, les relations humaines, elles, prennent parfois une dimension très concrète. Sonja évoque plusieurs rencontres marquantes avec ses étudiant·es, lors d’événements UNITA.

« J’ai pu rencontrer mes étudiant·es pour la première fois en vrai à Turin. On a passé la soirée ensemble. C’était un moment très fort. Ce sont des liens qui se créent et je suis encore en contact avec plusieurs étudiant·es aujourd’hui. »

Son conseil aux étudiant·es comme aux enseignant·es est simple : essayer, il suffit d’avoir l’envie et la discipline nécessaires.

« Quand on a une affinité avec le digital et qu’on souhaite suivre un cours qui n’est pas proposé dans son institution, la mobilité virtuelle offre un cadre solide et une vraie reconnaissance. Il faut tenter ! C’est l’occasion de découvrir de nouvelles choses. »

Les opportunités de mobilité virtuelle proposées dans le cadre d’UNITA sont regroupées dans un catalogue de cours accessible aux étudiant·es.

Les enseignant·es intéressé·es par ces dispositifs, ou qui souhaitent explorer la possibilité de proposer un cours, peuvent contacter l’équipe UNITA à l’adresse unita(at)hes-so.ch pour obtenir plus d’informations.