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De Neuchâtel à Berlin à vélo : une mobilité qui commence bien avant l'arrivée

Enseignement Publié le 19.08.2026. Mis à jour le 19.08.2026.

Avant même de commencer son semestre de mobilité à Berlin, Damaris Reich avait déjà choisi de sortir des sentiers battus. Étudiante en Travail social à la Haute école de travail social Fribourg, elle a relié son domicile à Berlin… à vélo.

Pendant près de sept semaines, elle a traversé la France, la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne avant de rejoindre son université d'accueil. Un voyage d'environ 3'000 kilomètres qui lui a permis de découvrir de nouveaux paysages, mais aussi une autre manière de voyager.

Une idée qui s'est imposée naturellement

Le vélo faisait déjà partie de son quotidien. Après plusieurs escapades en Suisse, l'envie d'un projet plus ambitieux est apparue lorsqu'elle a appris qu'elle partirait en mobilité à Berlin.

« C'était une opportunité d'avoir un point de départ, un point d'arrivée et un certain temps pour faire ce projet un peu plus grand. »

Pour préparer son voyage, elle investit dans un vélo gravel, quelques sacoches et une tente légère. Et comme le vélo faisait déjà parti de son quotidien, Damaris n’a pas fait de préparation physique particulière.

Un voyage au rythme des kilomètres

Les journées commencent généralement entre 8 h et 9 h. Après avoir rangé la tente, préparé le petit-déjeuner sur un réchaud et chargé les sacoches, place à la route.

En moyenne, Damaris parcourt près de 80 kilomètres par jour. Certaines étapes sont plus courtes, d'autres dépassent les 120 kilomètres. Elle dort principalement en camping, parfois chez des particuliers grâce à l’application Warmshowers, qui met en relation des cyclistes avec des personnes prêtes à les accueillir pour une nuit.

Cette liberté implique aussi de rester flexible.

« On peut prévoir tout ce qu’on veut, mais en réalité, ça va se dérouler différemment. »

Dès le premier jour, un pneu éclate à quelques kilomètres seulement de son départ. Deux heures de marche seront nécessaires pour trouver un atelier capable de réparer le vélo. Un contretemps qui permet de faire preuve de flexibilité et d’ajustements. 

Le plus beau souvenir ? L'océan

Curieusement, ce n'est pas l'arrivée à Berlin qui l'a le plus marquée. Après plusieurs semaines de route, c'est la découverte de la côte atlantique qui reste gravée dans sa mémoire.

« Je ne m'attendais pas du tout à un paysage qui change autant. C'était vraiment le moment où je me suis dit : j'ai traversé un bout d'un continent, je suis arrivée à un océan. »

À l'inverse, la solitude représente parfois un défi, notamment en fin de saison lorsque les campings sont presque vides.

« J'aimais beaucoup faire du vélo seule, mais pas forcément toute la partie autour. »

Arriver autrement

Ce long trajet a aussi changé sa manière d'aborder son semestre d'études. Selon elle, le voyage lui a donné confiance avant même son arrivée à Berlin.

« Le vélo m'a donné beaucoup de confiance en moi pour aller rencontrer des gens quand j'étais seule. »

Sur place, elle découvre une ville riche culturellement, une nouvelle façon d'enseigner le travail social et un environnement académique très différent de celui qu'elle connaissait en Suisse. Elle retient notamment un cours consacré aux courants du féminisme ainsi que l'engagement politique des étudiant·es berlinois·es.

Une autre façon de voir les distances

Depuis son retour, le vélo occupe une place encore plus importante dans ses déplacements.

« Je me rends compte que la Suisse est petite. Aujourd'hui, l'option d'aller à vélo est beaucoup plus présente parce que ça me fait plaisir et que ça me fait du bien. »

Son principal conseil à celles et ceux qui envisagent une mobilité à vélo ?

Prendre son temps.

« Pour moi, ce n'était pas juste un défi sportif. C'était un chemin pour arriver quelque part… et pour cheminer avec moi-même. »