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Du doute à la conviction

Publié le 23.02.2026. Mis à jour le 23.02.2026.

Le chemin vers une évidence

Par Clara Lapierraz-Bonato, étudiante en viticulture et oenologie à CHANGINS et ambassadrice du domaine ingénierie et architecture.

Elle est là, cette horloge perpétuelle, ce tic-tac constant. Finir l’école obligatoire. Trouver ma voie. Sélectionner une école supérieure. Réussir mon diplôme. Exercer. Nous devons choisir toujours plus tôt, toujours plus vite. La société actuelle nous impose un rythme parfois difficile à suivre. 

Alors nous nous précipitons, nous suivons le mouvement. Nous écoutons nos parents, et nous assurons nos arrières. Mais souvent le doute s’installe. Suis-je dans la bonne école ? Dans la bonne filière ? Ai-je même envie de continuer les études ? Suis-je à ma place ici ? 

La petite Clara de 10 ans se voyait reprendre le centre équestre familial, qu’en est-il aujourd’hui ? De politicienne à paléontologue, en passant par créatrice olfactive le spectre de possibilités était grand. 

Il faut choisir. A 15 ans, la première année de lycée français m'impose de prendre 3 options de matières principales, parmi un large choix. Au fond de moi, je sais déjà ce que je veux faire, je veux travailler avec mes sens, faire un métier de bouche. Mais j’ai tout sauf un profil scientifique. Je n’aime pas la physique, pas la chimie et pire encore, je déteste les maths. Je suis une littéraire moi ! 

Il faut choisir. Alors j’ai choisi : Physique-Chimie, Biologie et Histoire-Géographie-Sciences politiques, pour ne pas me fermer complètement les portes d’un rêve qui, je ne le savais pas encore, s’ancrait profondément en moi.

Rapidement lors de cette année, mon idée s’affine, je veux travailler dans le vin. Pourquoi ? Je ne saurais précisément l’expliquer. Sûrement pour l’amour de la terre et de la nature, dans un premier temps, car à cette époque je ne bois pas de vin. Ensuite pour le produit en lui-même. Je suis fascinée par sa complexité, son authenticité et son histoire. J’ai envie de tout savoir. 

Avril 2021 signe probablement un des plus grands tournants dans ma vie, avec la réalisation d’une immersion professionnelle dans un domaine viticole, à Dardagny, en Suisse. C’est l’implosion, plus rien n’existe autour de moi, je me nourris de chaque parole, chaque geste, chaque paysage qui m’entoure. Je suis submergée par un sentiment si fort, que j’en ai constamment les larmes aux yeux. Je ressors de cette expérience avec une certitude, j’en ferai mon métier, je serais œnologue. 

Mais le retour à la réalité me frappe, on a du mal à me croire, à me comprendre. Qu’est ce qui amène une jeune femme, ne venant pas du milieu viticole, ni d’une grande région productrice et n’ayant absolument aucune connaissance en la matière, à se tourner vers ce domaine si particulier ? 

Mes parents me suivent – surtout ma mère – mais sont frileux à l’idée que je me lance directement là-dedans. « Et si ça ne te plaisait finalement pas ? », « Y a-t-il des débouchés ? », « C’est dur de s’imposer en tant que femme, es-tu réellement prête ? », « Il va falloir que tu travailles deux fois plus dur pour combler tes lacunes en sciences, tu penses en être capable ? ». Oui. 

Le temps passe, et les choix s’approchent. Pourtant, au milieu des incertitudes, une conviction s’affirme : je veux suivre cette voie, celle qui me ressemble, celle qui me fait vibrer. Pas à pas, je commence à tracer mon propre chemin, avec enthousiasme et une curiosité immense.

Et ce n’est que le début. La suite de cette aventure — ses rebondissements, ses découvertes et les décisions qui ont tout changé — vous attend dans la deuxième partie…

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