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Pourquoi le féminisme dérange encore

Publié le 02.02.2026. Mis à jour le 02.02.2026.

Construire l’avenir, sans stéréotypes

Par Fateme Pirhayati, étudiante en informatique et systèmes de communication à la HEIG-VD et ambassadrice du domaine ingénierie et architecture.

Souvent, lorsque le mot « féministe » entre dans une conversation, il peut susciter des réactions contrastées. Certaines personnes associent encore le féminisme à des stéréotypes négatifs : une personne en colère, opposée aux hommes, ou adoptant des gestes perçus comme provocateurs, comme se laisser pousser les poils pour protester. D’autres pensent que si les femmes ou les personnes issues des minorités de genre sont peu présentes dans les métiers techniques, c’est simplement parce qu’elles “ne sont pas faites pour ça”.

Ces clichés persistent, comme si notre société avait encore du mal à reconnaitre  que les femmes et les personnes minorisées peuvent être à la fois douces, fortes, ingénieuses et ambitieuses. Depuis l’enfance, nous sommes souvent influencé·es par des normes sociales. Les filles sont encouragées à jouer à la poupée, les garçons au foot ou aux jeux vidéo. Dans les films, le personnage principal est presque toujours un homme. Et souvent, lorsqu’une femme est mise en avant, c’est parce qu’elle correspond à un certain “standard de beauté” : mince, jolie, souriante. Comme si une personne devait plaire avant d’être écoutée.

Mais être féministe, ce n’est pas être contre les hommes. C’est chercher à réparer les erreurs du passé, à rétablir un équilibre qui profite à tout le monde. C’est vouloir que chaque enfant, quel que soit son genre, puisse rêver de devenir ingénieur·e, astronaute ou dirigeant·e d’entreprise sans s'entendre dire “Ce n’est pas pour toi”.

Heureusement, les choses bougent. Par exemple, dans les universités suisses, la part de femmes professeures progresse lentement mais sûrement : elles occupent aujourd’hui 24 % des chaires, un signe que la représentation féminine avance dans le monde académique [1].

En 2020, l’élection de Martha Niquille à la présidence du Tribunal fédéral a marqué une étape symbolique forte pour la représentation féminine dans les plus hautes fonctions du pays.

A la HES-SO, Mathilde Gobet, adjointe scientifique égalité et diversité, se bat pour promouvoir la place des femmes et des personnes sous-représentées dans les métiers de l’ingénierie à travers son engagement dans plusieurs projets de promotion des métiers techniques, comme le projet ingénieuse.

En tant qu’étudiante en informatique et systèmes de communication, je vois chaque jour l’importance d’avoir plus de modèles féminins et inclusifs dans les domaines techniques. Être parfois la seule femme dans une salle de cours ne me décourage pas, au contraire, cela me pousse à montrer que notre place est ici aussi.

Mais je constate aussi à quel point notre environnement nous conditionne. Dès le plus jeune âge, les garçons apprennent souvent à se relever vite, à cacher leurs émotions, tandis que les filles sont encouragées à être sages, à pleurer, à douter. Ce n’est pas une question de force ou de faiblesse, mais de culture : ces réflexes ne sont pas innés, ils nous sont enseignés dès l’enfance. Et ce conditionnement influence encore trop souvent nos choix, nos rêves et notre confiance.

Pour moi, tout le monde gagnerait à adopter une posture féministe, non pas par militantisme, mais parce que le féminisme, c’est simplement vouloir donner les mêmes chances à toutes et à tous, sans préjugés, sans stéréotypes et sans barrières invisibles.

Et toi, tu es prêt·e à relever le défi ? Si tu veux voir concrètement ce que je fais, je t’invite à suivre notre compte Instagram où tu découvriras nos projets passionnants.

Référence:

[1] https://www.swissinfo.ch/fre/science/les-progr%C3%A8s-vers-l%C3%A9galit%C3%A9-des-sexes-dans-le-milieu-universitaire-restent-lents/75539295