[Thème 5] L’importance du vocabulaire | HES⁠-⁠SO Haute école spécialisée de Suisse occidentale
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[Thème 5] L’importance du vocabulaire

Recommandation :
Il est recommandé d’adopter une communication épicène et de sensibiliser les collaboratrices et collaborateurs à l’importance de celle-ci du point de vue de l’égalité des chances et de la diversité : l’impact du langage non-épicène se ressent aussi dans la motivation, la reconnaissance et le respect éprouvé par les personnes.

Exemples :
Quel est le féminin du mot vainqueur ? Si vous avez dû réfléchir un moment pour trouver réponse, et qu’en plus la réponse vous semble bizarre (vainqueuse ? vainqueure ?) vous sentez déjà un des enjeux importants du langage épicène : il est difficile d’imaginer ce que l’on ne peut pas nommer. Dans la perspective de l’égalité des chances et de la diversité, le langage lui-même jour un rôle fondamental. Il est le moteur et la matrice de nos représentations, si bien que l’on peut dire que ce qui n’a pas de mot n’existe pas. Notre façon de penser, notre outil pour agir sur ce que nous voyons et rendre visible ce qui n’avait pas été vu jusque-là, c’est aussi le langage. On trouve typiquement des oppositions et arguments en faveur du langage épicène, notamment les suivants :

Les oppositions 1

L’on ressent souvent une irritation spontanée à l’audition de mots « féminisés », ils semblent « non naturels » ou même « déformés ». On entend souvent des remarques comme :

  • « ça alourdit le texte, c’est vraiment laid et en plus d’autres mesures plus efficaces existent, c’est pas ça qui va tout changer ! »
  • « voir des « points » des « e » et des « s » c’est juste insupportable ! »
  • « ça frise le ridicule, faut quand même pas exagérer ! »
  • « ça ne change rien pour l’égalité, c’est pas ça qui est utile, trop c’est trop ! »
  • « on porte atteinte à la langue, la règle du masculin qui l’emporte ça vient du latin ! »
  • « ça rallonge, on rend illisible, c’est difficile de faire les accords… »

Ces remarques participent toutes d’un relatif manque de compréhension concernant les objectifs et les résultats du langage épicène. Ces rejets se basent sur des critères esthétiques, d’étiquette sociale, d’efficacité ou encore de pureté de la langue. Ainsi des contre-arguments sont souvent évoqués :

Des arguments en faveur du langage épicène.

  • « les langues évoluent : refuser cette évolution, c’est ne pas entendre la société qui change »
  • « ce n’est pas une question de laideur, mais une question d’habitude. Tout changement dans l’écriture semble laid au début, mais très rapidement l’œil s’y habitue et la lecture n’est pas du tout ralentie »
  • « ce qui est ridicule, c’est de penser que c’est trop compliqué : il y a des règles d’accord très simples que l’on apprend très facilement et qui ne nuisent pas à la cohérence du texte »
  • « si on ne nomme pas les choses, elles n’existent pas, elles sont invisibles, et c’est notre responsabilité de que tout le monde soit visible et pas toujours les mêmes »
  • « ce qui n’est pas efficace, c’est de s’adresser à une moitié de la population par la langue, et de penser que son entièreté va se sentir concernée »

Comprendre :
Il est en particulier important de noter que des études menées en Suisse ont établi que les personnes qui lisaient des titres de fonction rédigés de façon non épicène ne s’envisageaient pas remplir cette fonction si elle était exprimée dans l’autre sexe que le leur 2. Cela confirme que la règle du « masculin neutre » (ou masculin générique) n’est pas neutre du point de vue des représentations qu’elle induit chez les lectrices et les lecteurs.

C’est la raison pour laquelle encourager ses collaboratrices et collaborateurs à utiliser un langage épicène participe de la sensibilisation et du sentiment d’inclusion sur le lieu de travail. La HES⁠-⁠SO a publié des recommandations disponibles sur son site internet 3.

Le langage épicène bénéficie à l’institution et au personnel dans son ensemble, car il produit des représentations des personnes plus justes et équitables, renforçant un sentiment de dignité et de reconnaissance par son lectorat.

Pour aller plus loin :
Il existe de multiples sources expliquant l’intérêt et la façon de rédiger en langage épicène, et différentes philosophies existent en fonction des sensibilités. En voici quelques unes :

http://bdl.oqlf.gouv.qc.ca/bdl/gabarit_bdl.asp?id=3912 : l’office québécois de la langue française


http://www.lecourrier.ch/106672/la_langue_cette_source_de_domination : un article du Courrier qui détaille les enjeux portés par l’utilisation du langage épicène


https://www.cairn.info/revue-nouvelles-questions-feministes-2007-3-page-4.htm : un autre article sur le même thème, de la même auteure


http://information.tv5monde.com/terriennes/feminisation-des-mots-la-france-en-retard-22877 : un exemple de débats autour de la parité linguistique


1.  La liste ci-dessous est tirée de plusieurs documents proposant les leurs, notamment : HCE de la République Française, Pour une communication publique sans stéréotype de sexe, La documentation française, septembre 2016.

2. Pascal Gygax , Ute Gabriel , Arik Lévy , Eva Pool , Marjorie Grivel & Elena Pedrazzini (2012) The masculine form and its competing interpretations in French: When linking grammatically masculine role names to female referents is difficult, Journal of Cognitive Psychology, 24:4, 395-408, DOI: 10.1080/20445911.2011.642858

3. http://www.hes-so.ch/data/documents/Brochure-HES-SO-langage-epicene-4468.PDF 

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