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Objectifs

L’objectif principal de ce consortium de recherche est de proposer des connaissances, des outils et des méthodes de gestion de cette nature (ressources) en ville et de planification d’espaces habités qui l’intègre.

Il permettra par ailleurs de donner des outils d’appréciation et d’arbitrage pour évaluer les rapports de qualité et de viabilité, des critères de dimensionnement, d’organisation et de planification et de conception des aménagements d’infrastructures naturelles et urbaines.

Ainsi, il sera possible d’apporter aux principaux acteurs concernés (gestionnaires, planificateurs, urbanistes, professionnels, politiciens, etc.) des réponses concrètes et de proposer des moyens efficaces permettant de favoriser la nature en ville et de conserver les ressources.

Ce thème de recherche permet de fédérer un grand nombre de chercheurs et de favoriser l’échange de connaissances puisqu’il fait appel à diverses expertises. Il permettra également d’importantes retombées pour la société.

Objectifs spécifiques

Chaque objectif spécifique peut être abordé à différentes échelles spatiales et temporelles et ces objectifs sont également interdépendants.

Objectif 1 : Adaptation des villes aux changements climatiques

Les villes suisses se sont développées sous l’influence de conditions climatiques qui sont, nous le savons, en cours de modification. La relation entre le climat et la ville est évidente. Selon la température, l’enneigement, les précipitations, les villes n’ont pas les mêmes formes, les usagers n’ont pas les mêmes pratiques, les milieux naturels ne sont pas les mêmes et les techniques de constructions différentes.

Ainsi, si ces conditions climatiques évoluent, comment faire évoluer les villes pour maintenir une bonne adéquation entre ville et climat ? Dans une étude publiée en 2012, l’OFEV annonce en particulier, une hausse des températures moyennes, une diminution des précipitations en été, une augmentation en hiver, une augmentation de la fréquence, de la durée et de l’intensité des vagues de chaleur et une diminution des vagues de froid (OFEV, 2012).

Selon cette même étude et l’IPCC (2013), les effets redoutés sur les milieux urbains sont liés aux îlots de chaleurs, aux sécheresses, aux risques de crues, à l’instabilité des pentes et fondations, à la dégradation de la qualité de l’eau, des sols et de l’air, à la modification des milieux naturels et à la propagation d’organismes nuisibles, de maladies et d’espèces exotiques. Ces effets peuvent avoir des répercussions sur la santé des populations urbaines mais, aussi indirectement, accélérer le vieillissement, l’obsolescence ou l’inefficacité des infrastructures urbaines.

Cet objectif vise à anticiper l’impact des changements climatiques sur plusieurs composantes de la ville (ressources, biodiversité, qualité de l’environnement, exigences à la construction urbaine, besoins d’énergie de chauffage/refroidissement etc.) afin de proposer des stratégies, moyens et outils d’adaptation face à ces changements importants.

Ces outils devront permettre aux acteurs de la ville de mieux prévoir la ville de demain en fonction des changements prévus tout en assurant un maintien, voire une augmentation de la qualité de vie des habitants. Comment construire et prévoir la ville face au défi des changements climatiques ? Quels sont les impacts réels des stratégies d’adaptations et d’atténuations sur le climat des villes et de son environnement immédiat ? Quelles sont les vulnérabilités de la ville face aux changements climatiques et comment pourront-elles dans le futur contribuer à l’atténuation des changements climatiques par une réduction de l’émission des gaz à effets de serre ?


Objectif 2 : Adaptation des milieux urbains à une densification croissante

La croissance et la densification des villes demandent le développement d’outils de création et de gestion du territoire urbain, i.e. de nouveaux types de densification, qui englobent des aménagements d’espaces de nature, ainsi que de nouvelles manières de communiquer les projets de densification pour les rendre plus facilement compréhensibles et acceptables (enjeux, avantages et désavantages) par les futurs usagers. Au même niveau global, sont à développer des approches et outils pour répondre à des questions associées à l’identification des risques et d’exigences à imposer à la construction dans des zones déjà construites, instables, exposées aux dangers naturels, potentiellement polluées (p.ex. friches industrielles) etc. ; au provisionnement et la protection d’eau fraîche (réseaux et traitement) ; aux réseaux de la mobilité douce, individuelle et publique ; à la gestion des nuisances, des déchets et des pollutions lors des travaux et pendant l’utilisation d’infrastructures ; à l’évacuation et au traitement d’eaux usées et contaminées (p.ex. routières) ; à la gestion des conséquences sociétales et sociales d’une densification des villes (santé, police, pompiers, services etc.) ; tout en considérant une population changeante, grandissante et principalement vieillissante ainsi que le maintien, voire l’augmentation de la qualité de vie.

La densification et l’évolution des villes demandent également le développement de systèmes de construction et d’éléments porteurs innovants, satisfaisant toutes les exigences élevées d’une cohabitation densifiée, en utilisant efficacement des matériaux de construction écologiquement et économiquement performants et durables, en même temps pour des éléments porteurs nouveaux et l’amélioration des éléments existants.

Afin de pouvoir gérer et exploiter l’infrastructure bâtie existante (de transport, d’habitation et de services) ainsi que de maîtriser les interfaces aux nouvelles, le développement des techniques appropriées pour l’analyse, la pérennisation et la mise en conformité aux normes de construction ainsi que la transformation et l’amélioration d’éléments de construction existants est requis, demandant, en plus, une gestion intelligente de flux des matériaux.


Objectif 3 : Rôle et relation de la nature dans la ville

L’intégration de la nature dans la ville présente à la fois de nombreux défis et de nombreuses contraintes. Dans des villes qui doivent de plus en plus se densifier, quelle place doit être donnée à cette nature et quel type de nature doit être préconisée afin qu’elle joue pleinement son rôle ? Tel que mentionné dans l’objectif 2, cette nature évolue avec le développement des villes. Comment alors la gérer et assurer une cohabitation harmonieuse de celle-ci avec les projets de développement urbain futurs? Y a-t-il des rôles de cette nature à prioriser par rapport à d’autres ? Quelle est la place des surfaces productives (de services, de biens alimentaires, etc.) en ville ? Comment gérer également les nouvelles espèces qui arrivent ?

Cet objectif vise donc d’une part à déterminer les rôles de la nature dans la ville. Plusieurs études réalisées sur la question ont été très souvent menées en conditions expérimentales et non en conditions réelles, qui parfois apportent une autre vision du rôle de cette nature. Aussi, chaque ville ayant sa configuration spécifique, son climat particulier, etc., la nature qu’il sera nécessaire de planifier dans une ville donnée, ne sera pas nécessairement la même que celle à prévoir dans une autre ville. Comment alors développer des outils qui permettront aux acteurs de mieux planifier cette nature dans les villes de demain ? Peut-on développer des indicateurs qui permettront aux administrations publiques de prendre des décisions éclairées sur la question de la nature dans la ville ? Les réponses à ces questions résident également dans les relations de cette nature avec la ville et le type de nature à privilégier dans un contexte particulier, en considérant différentes échelles d’intervention (voir Fig. 1) qui peuvent servir soit à la nature, soit à la ville et ainsi aider à la compréhension des multiples fonctions que tout type de nature peut apporter au sein des villes et de leurs territoires. C’est ce à quoi cet objectif va également tenter de répondre dans le cadre de ce programme.


Objectif 4 : Approche globale des relations ville et nature

Les trois objectifs précédents sont interdépendants et parfois contradictoires ce qui nécessitent d’en situer les enjeux. La densification des villes est depuis l’appui populaire à la révision de la LAT une priorité de l’aménagement du territoire mais est-elle compatible avec l’objectif général d’adaptation aux changements climatiques des milieux urbains ? La densité est en effet un facteur potentiellement défavorable à la réduction des ilots de chaleurs mais aussi à la gestion des dangers naturels en milieux. Quel rôle doit prendre la nature dans la conception de milieux urbains plus denses et mieux adaptés au climat des années à venir ?

La conciliation des défis associés aux objectifs 1, 2 et 3 demande à la fois réactivité et anticipation. La prise en compte de cycle temporel y est aussi importante. Elle introduit de nouvelles relations et appropriations par le citoyen de toutes générations. Cet usager – acteur d’une ville, de l’espace public est investi par sa participation dans la question de la production, de l’appropriation et de sa qualité de vie. De nouveaux types et champs de projets apparaissent, ils nécessitent études, réflexions, accompagnements, reculs afin que ne leur soit pas délivrés un rôle alibi. Les questions d’efficience écologique, d’économie de projet, de coût et de choix d’entretien permettent de reconsidérer de nombreuses habitudes. Les relations de cohabitation homme-ville et homme-nature doivent démontrer leurs capacités d’évolution et d’adaptabilité pouvant aller jusqu’à des enjeux de santé public.

Les solutions les plus performantes proposées pour chacun de ces défis, pris séparément, peuvent être dans l’ensemble peu satisfaisantes ou contreproductives. L’objectif 4 vise à ainsi à une prise de recul et privilégie une approche plus globale des relations villes et nature (Fig. 1). Il s’agit d’un objectif transversal qui place l’attention sur l’intégration des multiples défis auxquels les villes devront faire face et qui vise à développer des méthodes, stratégies ou outils d’adaptations permettant de répondre globalement aux défis actuels et futurs de développement d’une nouvelle vision de la nature et de la ville. Parmi les outils pressentis, mentionnons ceux qui permettront de soutenir, articuler, suivre ou monitorer une représentation holistique de la ville et de son évolution.


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