Musicothérapie: bénéfices induits par la pratique musicale chez les personnes âgées en Allemagne et en Suisse | HES⁠-⁠SO Haute école spécialisée de Suisse occidentale
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Musicothérapie: bénéfices induits par la pratique musicale chez les personnes âgées en Allemagne et en Suisse

—    Les effets de la musique sur les troubles de la mémoire sont connus, en quoi votre recherche se distingue-t-elle?
—    Notre étude ne porte pas sur les troubles de la mémoire, mais sur l’entretien voire la stimulation et la meilleure mise en forme des fonctions mnésiques et intellectuelles chez la personne âgée en bonne santé. Une fois ceci mis en évidence de façon rigoureuse, on pourrait songer à l’appliquer dans un contexte thérapeutique. Les effets des activités musicales sur les troubles de la mémoire ne sont toutefois malheureusement pas encore clairement reconnus, et surtout, ils ne sont pas soutenus scientifiquement – il n’y a pas d’études systématiques à grande échelle basées sur des preuves – «evidence based». Lors d’une écoute de musique connue, des personnes souffrant de démence seront souvent mieux connectées avec les traces de mémoire qui restent. Mais c’est temporaire, leurs fonctions mnésiques pour apprendre de nouvelles choses ne seront pas améliorées.
—    La pratique musicale ne serait-elle donc pas aussi recommandée à des personnes souffrant de démence ?
—    Les personnes qui montrent des signes de début de démence risquent d’être confrontées à l’impossibilité d’apprendre et de s’améliorer, menant à des états dépressifs. Toutefois, chanter ou écouter des chansons de sa jeunesse peut faire beaucoup de bien et peut réactiver les traces mnésiques restantes et installer chez la personne un état de bien-être et le reconnecter avec sa personnalité de jadis.
—    La musique est-elle plus indiquée que toute autre activité intellectuelle, manuelle, créatrice ou artistique pour limiter le déclin cognitif?
—    La pratique musicale n’est bien évidemment pas l’unique moyen pour rester en bonne forme. Jouer aux échecs, apprendre une nouvelle langue, faire du sport ou danser exerce aussi des effets positifs à tout âge sur le cerveau, la cognition et le corps. Mais la pratique musicale a comme avantage de combiner l’activité intellectuelle et physique. Dans la même veine, la danse provoque des effets semblables. Mais comparé aux arts plastiques – dessin, etc. –, la pratique musicale l’emporte. Différentes études l’ont mis en évidence.
—    Par quels aspects la musique est-elle plus «efficace»?
—    Apprendre à jouer d’un instrument ou chanter comporte plusieurs activités à la fois: notamment intellectuelles, sensorimotrices, créatrices, communicatives et/ou émotionnelles, sociales – si elles s’effectuent dans un ensemble musical. Donc on combine les avantages de tous ces différents éléments. Concernant la pratique musicale spécifiquement, les multiples rétroactions sensorielles sont une force motrice de développement: on essaie de jouer une mélodie, et après on reçoit des informations auditives, mais aussi visuelles et proprioceptives du corps, toutes issues d’un même événement dans le temps et on compare ces rétroactions avec notre intention initiale, on corrige et on refait, etc. Ces doubles, voire triples rétroactions, impactent plus fortement les connections synaptiques entre les neurones, qui sont à la base de la plasticité cérébrale. L’intensité, la durée et le type d’entraînement jouent aussi un rôle très important.
—    Comment la mémoire est-elle mise à contribution lors de la pratique musicale ?
—    Sur le plan intellectuel, quand on pratique la musique, on utilise la mémoire à court terme, la mémoire de travail, la mémoire à long terme, l’attention, les fonctions exécutives, etc.  Des réseaux très similaires à ceux du langage sont impliqués, notamment dans les aires frontales du cerveau – aux alentours de l’aire de Broca et son homologue droit –, puisque ces deux systèmes de communication – langage et musique – consistent en une organisation hiérarchique avec des structures intégrées – «embedded structures» en anglais. On utilise un large éventail de fonctions cognitives qui seront entraînées et donc potentiellement améliorées.

 

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