Ingénieuse.chLa technique, un défi au féminin

Interview d'une future ingénieure en géomatique et gestion du territoire (GGT)

Céline Letourneau, étudiante en 3e année à la HEIG-VD, a accepté de répondre à quelques questions sur son parcours et sur son point de vue sur le métier d’ingénieur.

Quel ont été ton parcours académique et tes expériences professionnelles?

En 2009, j’ai passé mon Baccalauréat Scientifique à Aubagne en France. Entre 2009 et 2010, j’ai intégré une classe préparatoire PTSI (Physique, Technologie et Sciences de l’Ingénieur) à Marseille qui m’a permis de rejoindre, entre 2010 et 2013, l’Université Aix-Marseille à Marseille où j’ai obtenu une Licence en mathématiques. Après 6 mois de stage dans un bureau de géomètre à Nendaz (VS) et 4 mois de stage au service de protection de l’environnement à l’état du Valais, Sion (VS), j’ai entamé un nouveau cursus académique dans la filière géomatique et gestion du territoire (GGT) de la HEIG-VD. En parallèle de mes études, je suis retournée tous les étés travailler 6 semaines dans le bureau de géomètre à Nendaz.

Qu'est-ce qui t'as attiré dans le choix de ce métier d'ingénieur, souvent stéréotypé comme un métier réservé aux hommes ?

L’aspect à la fois pratique et scientifique : d’une part, on apprend un métier concret, on est amené à effectuer des mesures sur le terrain, mais on apprend également à analyser les mesures, à proposer des produits utiles à nos futurs mandants, etc.

Le fait que le métier d’ingénieur soit également en partie sur le terrain m’a particulièrement plu, contrairement aux maths, exclusivement théoriques, et filière dans laquelle, à la fin, je ne me sentais plus à ma place.

Quel est le pourcentage de filles dans ta filière ?

Nous sommes deux filles pour onze garçons en troisième année de GGT.

Penses-tu avoir plus de choses à prouver/apporter qu'un homme ingénieur ?

Non, je pense que cette façon de penser est obsolète à notre époque. Ce n’est plus du tout choquant actuellement de voir cohabiter dans le monde du travail des hommes et des femmes. Je pense même que le simple fait de poser ce genre de question est rétrograde et incite même les femmes à se sentir fragiles et inadaptées aux métiers de l’ingénierie… Cela contribue au stéréotype machiste selon lequel les femmes n’ont rien à faire dans les métiers de la construction.

Au cours de ce parcours, as-tu rencontré plus de difficultés étant une femme ?

Non, j’ai le même cerveau qu’un garçon : c’est important de le préciser [rire] ?

Qu'est-ce que tu envisages de faire par la suite ?

J’envisage de trouver un travail en tant qu’ingénieur de terrain. Comme je l’ai précisé plus haut, l’aspect des mesures sur le terrain m’a justement incitée à changer de cursus d’études.

As-tu déjà trouvé un job pour la fin de tes études ?

Oui, j’ai trouvé un poste en tant qu’ingénieure en géomatique dans un bureau de géomètre à Sion. Mon futur travail consistera principalement à réaliser des travaux spéciaux (auscultation de barrages, monitoring dans des tunnels, etc.) et de la photogrammétrie (ortho-photos et modèles numériques de terrain/surface à partir de vols de drones).

Penses-tu avoir eu plus de difficultés à trouver un job à la suite de tes études en tant que femme ?

Non, je m’y suis prise très tôt car je voulais absolument m’établir en Valais et j’ai donc tout de suite postulé dès que j’ai vu une offre. J’ai reçu une réponse positive 15 jours après avoir envoyé ma candidature.

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