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Grossesse: comment annoncer et gérer l'indicible?

Achevant actuellement un doctorat en Ecosse, Claire de Labrusse, professeure HES-S0 à la Haute école de santé Vaud (HESAV), détaille les résultats d’une étude sur l’annonce et la prise en charge d’un diagnostic prénatal selon lequel le nouveau-né ne peut pas survivre. Entretien

- La littérature est déjà importante, quelles réponses souhaitiez-vous apporter avec cette publication, «Mourir au début de la vie»*?
 Claire de Labrusse  DR Claire de Labrusse: Il y avait un besoin d’écrits pour la Suisse, les praticiens le demandaient, et l’objectif est l’amélioration des soins pour aider les femmes qui se retrouvent confrontées à cette situation. Cette publication offre la version des professionnels, mais l’autre version, celle du ressenti et des demandes des femmes, est également en cours de rédaction.

- Au cours de votre carrière de sage-femme, avez-vous déjà été personnellement confronté à cette situation?
- Oui, malheureusement pour les parents, c’est une situation qui se présente plusieurs fois dans la carrière d’une sage-femme.

- Quels enseignements tirez-vous de ces entretiens qualitatifs menés en Suisse alémanique?
- Il y a un besoin au moment du diagnostic de prendre la défense de la femme et de l’enfant. Idéalement par une personne indépendante de la situation clinique et de discuter des prochaines étapes ainsi que des options possibles. D’autre part, il y a une prise de conscience de la douleur de l’enfant pendant ses quelques heures ou jours de vie, d’où le recours aux soins palliatifs.

«Davantage de sages-femmes
suivent un parcours académique»

- Cette étude a été menée par Valérie Fleming et Franziska Parpan. Vous collaborez étroitement avec la filière sage-femme de la ZHAW (Zürcher Hochschule für Angewandte Wissenschaften), pourquoi?
- Nos intérêts sont similaires et nos approches méthodologiques également. Par exemple, nous menons actuellement une étude qualitative sur des mamans qui attendent leur premier enfant pour connaître les facteurs d’influences sur leur choix du mode d’accouchement dans les trois régions linguistiques. La Suisse connaît un taux de césarienne qui s’accentue. L’objectif de cette étude multicentrique est de comprendre ces mécanismes d’influence de cette hausse du taux de césarienne, puisque celui-ci continue de progresser.

- Plus globalement, quels sont, selon vous, les champs de recherche à approfondir pour les sages-femmes?
- Nous en sommes encore au début, car davantage de sages-femmes suivent un parcours académique, avec des doctorantes et des directrices de recherche. Ainsi, les autres professionnels commencent à entrevoir notre profession différemment et la littérature que nous amenons permet de compléter ou d’améliorer des protocoles existants. Je suis heureuse de constater qu’il y a une plus grande réceptivité aujourd’hui pour notre approche et par conséquent, les champs de recherche sont encore vastes.

* «Mourir au début  de la vie», Les Dossiers de la Maïeutique, 2015
Valérie Fleming, Claire de Labrusse, Irina Iljuschin, Jessica Pehlke-Milde, Franziska Parpan

www.hesav.ch

Extrait de l'étude
«Presque toutes les femmes ont des péridurales, mais elles ont des âmes troublées et il est difficile pour nous de réagir à ça.»


 

Publié le 18.09.2015
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