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Pas mon genre ?

Le 18 octobre dernier, notre ambassadrice Gwendoline a participé à la conférence « Maçonnerie au féminin et puériculture au masculin – pas mon genre ? » organisée par le Réseau égalité Berne francophone.

Dans le cadre de la journée « Futur en tous genres », une conférence bien particulière s’est tenue au sein de l’entreprise MPS Micro Precision Systems SA à Bienne. Il y était question non pas de micromécanique mais de futur, de genres, de choix et de changements.

Le vif du sujet

La conférence était divisée en plusieurs parties : des présentations et exposés mais également des interviews et des discussions autour du thème de l’égalité et de la diversité.

Interview

Présente en tant qu’intervenante, j’ai participé à l’interview de jeunes ayant accompli une formation dans un métier typiquement attribué à l’autre sexe.

Nous étions au nombre de quatre, deux garçons et deux filles. Les deux jeunes hommes effectuent leur deuxième année de formation d’assistant socio-éducatif au ceff (Centre de formation professionnelle Berne francophone) à St-Imier. La troisième intervenante est en possession d’un CFC de constructrice de route et j’entame moi-même ma troisième année de Bachelor en microtechnologies et électronique à l’HE-Arc.

Plusieurs questions nous ont été posées. Voici les réponses à quelques-unes d’entre elles :

-         Pourquoi est-ce que notre choix s’est porté sur cette formation ?

Certains sont nés dans ce domaine. Pour d’autres, c’est une reconversion à la suite d’un échec ou encore une passion.

-         Qu’est-ce que notre entourage en a pensé ?

Malgré certaines boutades ou commentaires négatifs, exercer un métier « de l’autre genre » est de manière générale accepté.

-         Qu’est-ce qui nous plaît en particulier dans le métier choisi ?

Marc et Alexandre ont trouvé leur vocation en aidant les gens, Elodie aime toucher à tout et être dehors et je fais ce que j’ai toujours adoré faire : résoudre des problèmes.

-         Qu’est-ce qui pourrait motiver un ou une jeune à choisir un métier atypique ?

L’important c’est de faire ce qui nous plaît. Il faut essayer, discuter avec des personnes du métier, faire des stages mais surtout s’ouvrir aux milliers de possibilités qui s’offrent à nous plutôt que de rester bloqué sur un a priori.

Podium discussion

Quatre personnes ont suivi l’invitation du Réseau égalité Berne francophone pour parler de stéréotypes dans le choix du métier :

1.    Stéphane Fiorucci, directeur de l’école primaire de Sonvilier, ancien délégué de la Haute École Arc à l’égalité et à la diversité (jusqu’en juillet 2017)

2.      Steve Boldini, éducateur travaillant à temps partiel

3.       Véronique Athané, directrice des opérations chez MPS SA

4.       Sylvie Villa, ingénieure en électricité ETS, ingénieure physicienne EPFL, fondatrice de LYVA

Ils ont pris la parole au sujet de plusieurs thèmes. Voici quelques-unes de leurs interventions :

-         Elargissement des perspectives du choix professionnel des jeunes

C’est possible en élargissant la perspective d’avenir de jeunes, en faisant découvrir à d’autres son métier ou en parlant de ses expériences personnelles.

-         Nécessité d’agir pour déconstruire les stéréotypes dans le choix du métier

A ce jour, notamment en raison des progrès scientifiques et techniques, ces stéréotypes n’ont plus lieu d’être. Choisir un métier atypique est ressenti comme un avantage. D’ailleurs, la plupart du temps, les personnes qui choisissent un métier atypique sont animées par la passion et s’en trouvent d’autant plus motivées.

-          Possibilités d’action pour y remédier pour les entreprises et les écoles

Il faut impliquer les écoles pour ouvrir les perspectives des enfants dès leur plus jeune âge. Quant aux entreprises, beaucoup d’entre elles cherchent justement à recruter des personnes appartenant au sexe minoritairement représenté parmi leurs employés.

-         Vision : Comment peut évoluer la situation dans 20 ou 30 ans ? Quelles compétences sont requises pour gérer cette évolution ?

Les réponses sont mitigées. Dans 20 ou 30 ans la question du genre risque de moins se poser. Les mentalités auront évolué mais il y aura également de nouveaux défis à relever notamment avec la prochaine révolution de l’industrie.

Pour changer les choses

Plusieurs projets sont ou ont été réalisés afin de promouvoir chez les jeunes l’ouverture des perspectives et l’élargissement du choix du métier.

LYVA, par sa création de nouveaux modèles de travail, promeut auprès des jeunes femmes des métiers auxquels elles n’auraient pas pensé ou qu’elles ne connaissaient pas ou peu.

Plusieurs actions sont mises en œuvre, notamment en collaboration avec des ambassadrices et des entreprises.

Plus d’informations sous : https://www.lyva.ch/

La journée « Futur en tous genres » permet aux jeunes garçons et aux jeunes filles de découvrir, le temps d’une journée, des métiers « de l’autre genre ». Que ce soit au travers d’un proche ou d’ateliers mis en place dans le cadre de ce projet, elle apporte une nouvelle vision des choses mais veut également susciter une réflexion sur le choix professionnel.

Plus d’informations sous : http://www.futurentousgenres.ch/fr/home

Expérience personnelle

Cette conférence m’a beaucoup apporté. J’ai particulièrement apprécié rencontrer des personnes aussi motivées qu’intéressantes. C’est rassurant de voir que beaucoup de choses bougent afin de changer les a priori sur le monde du travail et les genres. Certains projets mis en place commencent même à avoir de la bouteille ! C’était la première fois que je participais à une telle conférence et je trouve que c’est une excellente initiative de mettre en place ce genre d’événement. C’était une expérience très enrichissante et j’espère que d’autres événements similaires continueront à être mis en place.

                                                                                                                                                             Gwendoline Erard

 
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