Ingénieuse.chLa technique, un défi au féminin

Une vue externe sur la place des filles dans une formation d'ingénieur suisse

Marion Kannengiesser, étudiante française en échange à l’HEIG-VD en section géomatique, a accepté de répondre à quelques questions de notre ambassadrice Laura.

Peux-tu présenter ton parcours en quelques mots ?

J’ai passé mon Bac scientifique en 2012. Ayant découvert tardivement le métier de géomètre-topographe, l’option choisie en terminale ne me permettait pas d’être acceptée directement à l’Institut National des Sciences Appliquées (INSA) de Strasbourg.  Je suis ensuite passée par une classe de Technicien Supérieur spécialité Géomètre-Topographe ce qui m’a permis de rejoindre la formation de l’INSA d’ingénieur en troisième année en étant major de promotion à l’issue de mon Brevet de Technicien Supérieur (BTS).

Concernant mes expériences professionnelles en relation avec la topographie, elles ont toutes été effectuées dans le cadre de mes études. Il s’agissait de stages en cabinet de géomètre-expert ou en bureau d’ingénieurs géomètres.

Par ailleurs, en 2011 j’ai créé une entreprise d’apiculture afin de pouvoir vendre les produits issus de mon exploitation sur les marchés et dans différents points de vente tels que des boulangeries ou des caves de viticulteurs.

Qu'est-ce qui t'as attirée dans le choix de ce métier d'ingénieure ?

Ce n’est pas tant le métier d’ingénieur en soi qui m’a attirée mais vraiment le métier de géomètre. Egalement connu comme étant un métier d’homme, cela ne me faisait pas plus peur que ça étant donné mon éducation et mon intérêt pour des activités souvent considérées comme masculines.

Au cours de ce parcours, as-tu rencontré plus de difficultés étant une femme ?

Ce n’est pas vraiment un problème quand il s’agit de cours. C’est plutôt lors de mes expériences professionnelles que j’ai constaté qu’être une femme géomètre n’était pas encore très commun et qu’il fallait montrer sa capacité à faire le travail comme un homme. J‘ai souvent eu des remarques quant au fait que je manquais de muscles (problème que j’ai résolu en me mettant à la musculation) et j’ai eu à faire face à des comportements désobligeants sur certains chantiers.

Pourquoi as-tu décidé de faire un semestre d'échange à l'HEIG-VD ?

J’avais envie et besoin de voir autre chose que ce qui m’était proposé à l’INSA. L’un de mes précédents patrons à Bâle m’avait parlé de l’école et le fait qu’il y ait un partenariat avec l’INSA m’a permis de concrétiser ce projet.

Quelle est le pourcentage de fille dans ta filière dans ton école d'origine ?

Trouves-tu une grande différence de pourcentage entre ton école d’origine et l’HEIG-VD ?

Selon le site de l’INSA, le taux d’effectifs féminins actuel dans l’école se situe autour de 35%. Ce chiffre est une moyenne. Les proportions sont sujettes à des variations plus ou moins importantes selon les spécialités (en génie civil, topographie, architecture, par exemple, la proportion de fille est plus importante) et dans ma classe nous sommes à 26 % de filles.  Dans la HES-SO, toutes filières d’ingénierie et d’architecture confondues, le taux moyen des filles se situe à environ 17,5% soit la moitié moins !

Je remarque cette différence lors des pauses notamment où l’on ne croise quasiment que des garçons. Mais je pense que les mesures mises en place par l’école telles que l’année préparatoire pour futures ingénieures pourraient pallier à ce problème.

Comment trouves-tu la vie à l'HEIG-VD ?

Je trouve que c’est une école agréable. Par exemple, c’est sympa de trouver un endroit comme la cafétéria où l’on peut manger et se réunir alors que ceci n’existe pas à l’INSA. Les salles informatiques sont bien équipées. Les activités et soirées organisées sont également chouettes. On voit que l’école encourage la vie étudiante et l’animation en dehors des cours. Je me suis très bien intégrée au sein du campus grâce au Service des relations internationales (SRI), l’Association Générale des Etudiants (AGE) et les personnes de ma classe qui se sont montrées accueillantes et disponibles. En plus, je trouve que les cours sont en général bien structurés et que les professeurs font preuve d’écoute et d’intérêts envers les élèves. En général, il y a de l’interaction.

 Qu'est-ce que tu envisages de faire par la suite ?

Après ce semestre, je vais faire mon projet de fin d’étude de six mois qui aboutira peut-être sur une offre d’emploi. A l’issue de mes études, j’aimerais trouver un travail en bureau d’ingénieur plutôt orienté dans le bâtiment, en Suisse ou en Allemagne.

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu as un/e étudiant/e hésitant/e à faire un semestre d’échange ?

Il ne faut pas hésiter à saisir cette opportunité de découvrir une autre culture, d’autres gens, de nouveaux cours, etc.

Je ne pensais pas faire d’échange durant mes études et pourtant j’ai saisi cette occasion et ne le regrette pas. Cela permet vraiment de prendre du recul par rapport à ce qu’on connaît et de gagner en indépendance et en confiance en soi.

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