Ingénieuse.chLa technique, un défi au féminin

Être technicienne en physique au CERN, un métier stimulant et gratifiant!

Parlez du CERN à n'importe quel passionné de sciences autours du monde et ses yeux brilleront de mille feux. On connait tous – certes à différents degrés – les expériences qui y sont menées et leur impact sur notre compréhension du monde. Et, si on sait bien que le CERN « accélère la science », accélère-t-il aussi la carrière des femmes dans les métiers scientifiques et techniques ?

Si l’on se penche sur le taux de représentation féminine dans le plus grand centre de physique des particules du monde, on remarque que, comme ailleurs, il est plutôt stagnant. Ceci malgré le fait que, pour la première fois depuis sa création en 1954, il soit dirigé par une femme, Fabiola Gianotti, connue pour avoir coordonné l'expérience ATLAS au LHC (la plus grande expérience scientifique du monde, rien que ça !).

Mais comment parler du CERN sans mentionner ceux et celles qui travaillent au bon déroulement de ses expériences ? Eugénie Gallay est l'une des rares femmes qui y a fait ses preuves. A 29 ans, elle contribue, parmi une équipe internationale, à la bonne maintenance du laboratoire de mesures mécaniques. Ce qui implique entre autres : sécurités, entretiens des appareils, réparations, améliorations, commandes de matériel, applications électroniques et usinages mécaniques.

De plus, elle collabore à l'élaboration de mesures diverses – fibres optiques et différents capteurs de déplacements, laser, températures, pressions, ou accélérations – et analyse des données pour synthétiser les résultats sous forme de rapports de mesures rédigés en anglais. Autant dire qu'elle a plus d'une corde à son arc.

Quand on lui demande d'évoquer son parcours et le peu de femmes qu'elle y a croisé, la réponse se veut mitigée. Selon les statistiques du CERN, il n'y a que 20% de femmes engagées au sein de cet organisme. Heureusement, ce pourcentage semble augmenter peu à peu. Cela dit, Eugénie travaille pour une entreprise sous-traitante, mandatée par le CERN, où elle est la seule femme parmi une centaine d'hommes.

A lire son CV, on sent bien d'ailleurs qu'Eugénie ne tient pas en place et que son parcours atypique est un vrai plus.L'inédit est son moteur et l’univers de la physique, avec ses frontières et ses incertitudes, offre des possibilités presque infinies. De quoi se lever chaque matin avec une belle mission.

Pour expliquer son enthousiasme hors norme pour la branche, elle évoque les cours de son cycle d’orientation, proposés durant sa scolarité, plus particulièrement des cours facultatifs d'électronique combinés avec le travail du bois pour créer des boitiers et des travaux pratiques avec les métaux dans le style de la chaudronnerie/tôlerie qui ont abouti à la création de sa nouvelle vocation. Comme quoi, offrir aux filles la possibilité de faire autre chose que du point de croix peut créer des passions et les mener jusqu'au CERN. Rien que ça (bis) !

Mais tristement, il semble que les sciences exactes peinent encore à créer des vocations chez nos consœurs en fin de scolarité. La contribution d’Eugénie aux améliorations de ces machines exceptionnelles et à tellement d'expériences de physique – à la portée internationale – donne une dimension particulière à son parcours et ne peut qu’influencer positivement son entourage. Au vu de son enthousiasme on peut conclure avec certitude que le CERN accélère visiblement la carrière des femmes qui ont la volonté et le courage d’y entreprendre une carrière.

 

Stéphanie Jacot

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