Ingénieuse.chLa technique, un défi au féminin

Entre rêve et réalité - Lettre à une jeune ingénieuse

Notre ambassadrice Gwendoline se souvient: Petite, elle est passée par un panel très divers de métiers qu'elle souhaitait exercer.
Elle voulait être archéologue puis paléontologue, professeure d’histoire, avocate, professeure de langues, professeure de physique puis physicienne et enfin... ingénieure !

Ce que j’aimais petite, que j’aime maintenant et que je retrouve aujourd’hui dans ce domaine, c’est la résolution de problèmes. J’ai toujours raffolé des énigmes et plus particulièrement, j’ai toujours raffolé de résoudre des énigmes. Et finalement, c’est ça l’ingénierie. On nous pose une question et il faut trouver comment y répondre.

Après une première tentative en physique à l’EPFL qui, par son coté très théorique, ne me correspondait finalement pas, je réfléchissais à mes anciens projets et quelques-uns me tentaient toujours : devenir professeure d’anglais suite à une année dans un pays anglophone, professeure de français…

Malgré mon amour des langues, je n’aurais pas été satisfaite. Les sciences m’auraient manqué.

Après quelques discussions et recherches, je suis tombée sur les HES et j’ai tout de suite été séduite. En plus de la théorie, on faisait de la pratique. Dès la première année, on se retrouvait dans un groupe pour construire un robot. C’était dément !

Je suis actuellement en deuxième année et j’ai à nouveau la charge d’un projet passionnant impliquant une technologie que j’adore : les lasers.

Pour toutes celles et ceux qui hésitent, je ne vais pas vous mentir, ces études demandent du temps et de l’énergie : des tests, souvent, des rapports, chaque semaine, des examens, à la fin des semestres. Mais elles apportent également tellement de choses.

Quelque chose me chiffonne cependant : c’est la sous-représentation de filles dans la majorité des sections. Au début, je me disais que c’était surtout par désintérêt que les filles ne se retrouvaient pas dans ce genre d’études. Je pensais que, peut-être, elles n'avaient pas envie de se tourner vers cette voie et en préféraient d'autres, tout simplement. Puis j’ai découvert que ce n’était malheureusement pas toujours vrai.

Plusieurs témoignages, d'ami(e)s et de connaissances, m’ont appris que certains parents voyaient d’un très mauvais œil l’implication de leur fille dans un « métier d’homme ».

Mais il n'y a pas que les parents à prendre en compte dans cette histoire, il y a aussi les personnes intégrées au domaine.

Une jeune fille que je connais voulait être mécanicienne et travaillait pendant son temps libre dans un atelier. Seul hic, comme c'était une fille, elle devait constamment prouver qu'elle valait autant voire mieux que n'importe quel autre garçon présent puisqu'on continuait de la traiter comme quelqu'un d'inférieur.

Le problème n'était pas vraiment les gens de l'atelier – d'ailleurs son patron la respectait et appréciait son travail – mais les clients, certains refusant que ce soit elle qui répare leur voiture malgré qu'elle soit tout autant qualifiée.

Elle a fini par quitter cet atelier et se tourner vers le médical car elle n'avait pas envie de devoir se battre chaque jour pour prouver sa valeur alors qu'elle savait qu'elle ne serait pas reconnue.

Je trouve que c'est triste. Même plus que ça, c'est morose. Nous sommes en 2018 : chacun devrait pouvoir devenir ce qu'il veut. Si un garçon veut devenir secrétaire ou danseur de ballet, laissez-le. Si une fille veut devenir éboueuse ou ingénieure, laissez-la.

Chaque corps de métier est important et la passion est le meilleur comburant possible.

C’est pour cette raison que j’ai eu envie de devenir ambassadrice pour l’égalité des chances : pour, je l’espère, faire changer ces mentalités. L’ingénierie n’est pas genrée. Aucun métier ne l’est.

Toi qui me lis, ne t’arrête pas à ces préjugés grotesques. Si l’ingénierie t’intéresse, ne laisse pas tout tomber sous prétexte que ce n’est « pas fait pour une fille ». Le plus important, ce n’est pas ce que pensent les autres ou l’image que tu renvoies ; c’est ton bonheur.

 

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