Ingénieuse.chLa technique, un défi au féminin

Année Préparatoire Future Ingénieure (APFI) – Un témoignage

Une future ingénieure en Génie de l'environnement a répondu aux questions de notre ambassadrice Laura sur son expérience dans le programme APFI qui permet aux jeunes filles de découvrir les filières techniques et se préparer à leurs futures études d’ingénieure.

Pourquoi avoir choisi de suivre l’Année Préparatoire Future Ingénieure (APFI) ?

Je n'arrivais pas à trouver la formation qui me convenait car j'aime beaucoup de domaines scientifiques à la fois. Quand enfin quelqu'un m'a parlé de la formation « Génie de l'environnement », j'ai saisi la chance de commencer des études très techniques mais très diversifiées par les domaines abordés. J’ai donc commencé mes études à l’HEIG-VD en Année Préparatoire Future Ingénieure (APFI) avant d’entamer le Bachelor en Génie de l’environnement. Aujourd’hui, je suis en fin de 3ème année de Bachelor et je suis en cours de rédaction de mon travail de Bachelor.

Malheureusement, mon expérience professionnelle est assez courte. Un stage de 4 mois au bureau d'études Prona était riche et intense mais court. Je conseillerais quand même d’avoir des courtes expériences plutôt qu’aucune avant de rentrer à l'école.

Comment as-tu entendu parler de l'APFI ?

Cela s’est fait par du bouche-à-oreilles. C'est une amie à l'EPFL qui m'en a parlé car une de ses amies s'y était inscrite.

Qu'est ce qui t’a poussé à t'y inscrire ?

J'ai tellement changé de choix d'études que cette année préparatoire, très générale, me donnait la possibilité de soit confirmer mon choix soit me donner le temps de la réflexion pour une nouvelle orientation possible.

Comment s'est déroulé cette année ?

Elle s'est très bien passée : être qu'avec des filles ne me posait pas de problèmes. Le premier semestre, on suit des cours ensemble dans des domaines très variés de l'ingénierie et, le deuxième semestre, on fait un stage dans le domaine choisi pour la suite de nos études.

Quels conseils donnes-tu aux futures ingénieures qui souhaitent intégrer l'APFI ?

Ne réfléchissez pas ! Allez-y ! La charge de travail est considérable par rapport aux trois autres années mais ça permet de se mettre dans le bain et on appréhende mieux le reste du parcours.


Qu'est-ce qui t'as attiré dans le choix de ce métier d'ingénieure (souvent stéréotypé comme un métier réservé aux hommes) ?

C'est le côté technique mais également très tourné vers la biologie et chimie qui m'a attiré. J'ai également aimé la diversité des branches. A l'époque, je ne pensais ni aux débouchés ni même aux inégalités hommes-femmes pour le choix du métier.

Que penses-tu de la différence des sexes à l'HEIG-VD ? Est-ce que cela t'a déjà posé problème ?

La différence des sexes ne m'a pas posé problème personnellement. Je pense que mes camarades de classe masculins connaissent mes compétences. Malgré ça, je suis embêtée quand j'entends parfois des commentaires envers d'autres élèves qui sont « un peu trop féminines ».

J'entends souvent que ma formation est moins technique et plus subjective, parfois même que cela est dû au fort taux de femmes dans le domaine (proche de 50%).

Moi, ce que je vois quand je pense au métier, c'est des ingénieurs de terrain qui gèrent les impacts environnementaux des chantiers ou qui s'intéressent à l'état de la biodiversité. Je vois également des ingénieurs qui s'intéressent à l'eau, l'urbanisme, le bruit... ces domaines demandent autant de travail de terrain que de bureau. D'autres domaines peuvent être également cités : les thématiques comme la planification énergétique et la mobilité demandent par exemple d'autres capacités. Je ne pense pas que le métier d'ingénieur en environnement soit influencé par la quantité de femmes qui l'étudient ou le pratiquent, mais par la diversité de domaines et pensées auxquels il fait appel.

Qu'est-ce que tu envisages de faire par la suite ?

J'aimerais principalement me spécialiser dans les questions qui concernent la gestion des eaux. Je pense travailler dans le contexte suisse mais je n'exclue pas l'idée de me tourner vers des projets humanitaires.

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu as un/e étudiant/e hésitant/e à se lancer dans le monde de l'ingénierie ?

Il faut absolument faire un stage ! Même pour ceux qui savent ce qu'ils veulent faire, un stage aide toujours à savoir comment réaliser les travaux que demandent les professeurs en fonction du marché du travail. Le stage aide aussi à savoir quels sont les domaines qu'on aime moins et se rendre compte  au fur et à mesure des cours qu'il y a des nombreuses branches qui restent très intéressantes. Pour moi, ceci aide à moins se décourager lorsque le travail devient conséquent.

 

Propos recueillies par Laura Rabbath

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