Ingénieuse.chLa technique, un défi au féminin

Anne Doerig

Spécialiste en communication, Rectorat HES-SO

Votre activité professionnelle en quelques mots :

Je travaille au sein du service communication de la HES-SO depuis 5 ans. Ce service s’occupe notamment  d’organiser des évènements pour la HES-SO, de créer des publications, de gérer le site internet et les réseaux sociaux,  de promouvoir les projets Ra&D, ainsi que de projets événementiels comme la HES-SO à Paléo ou Yakaton.  Je suis la coordinatrice du projet HES-SO à Paléo, ceci implique l’organisation de A à Z de ce projet avec les étudiantes et étudiants et professeurs engagés.

Qu'est que l’égalité des chances représente pour vous ?

L’égalité et la diversité sont deux concepts très importants tant au niveau professionnel que personnel. Aujourd’hui, l’égalité homme-femme n’est toujours pas une réalité, que ce soit au niveau salarial (à capacité et à poste égal une femme gagne toujours 18% de moins qu’un homme en moyenne en Suisse) ou au niveau privé où les femmes gèrent encore 2,5 fois plus la gestion du foyer que les hommes, toutes les tâches ménagères et l’éducation des enfants.  En 2018, il est dommage que ces mécanismes restent ancrés, il est donc important pour moi de continuer à mener cette lutte. L’un des leviers pour cela est bien entendu de faire la promotion des femmes dans les métiers techniques.

Un film, un livre en rapport avec l’égalité des chances à recommander ?

1.  Une BD, Culottées tome 1 et 2 de Pénélope Bagieu qui met en avant des parcours de femmes fortes qui ont bravé les interdits et sont sorties des dictats sociaux pour être elles-mêmes. Elle remet ainsi ces femmes à l’honneur en racontant leur parcours et les moments qui ont fait qu’elles sont sorties de ce carcan sexiste et patriarcal. On y retrouve par exemple l’histoire d’Hedy Lamarr, actrice, inventrice ou de Katia Krafft, volcanologue.

2.     Americanah de Chimamanda Adichie qui raconte l’histoire d’une Nigériane qui s’expatrie aux Etats-Unis à l’âge de 19 ans avec tous les rêves que l’on peut avoir de ce pays. Elle y découvre les questions de race, le racisme et les différences de traitement entre les blancs, les afro-américains et l’émigré africain. Par le biais de son héroïne Ifemelu, le lecteur vit ses espoirs, ses peines et son retour au pays le tout raconté avec une plume acérée et une ironie sans faille.

3.    Libérée de Titiou Lecoq que je vais m’atteler à lire très prochainement.

Une bonne/une mauvaise expérience personnelle ?

J’ai la chance d’avoir vécu plus de bonnes que de mauvaises expériences. Par exemple, mon ancien directeur a soutenu ma candidature auprès du conseil d’administration de l’entreprise afin que je puisse effectuer mon Brevet de Spécialiste en marketing en emploi avec le soutien financier de la société. De plus, tout au long de ma vie j’ai régulièrement côtoyé des femmes de caractère qui ont su me conforter dans l’idée que tout est possible et réalisable lorsqu’on est une femme. Je pense que cela a en partie éveillé ma conscience sur les difficultés que l’on peut rencontrer mais aussi les possibilités que nous avons.

Tout n’est pas rose toutefois, sous prétexte que ma photo sur le site internet de l’entreprise lui a plu, l’un des clients pour lesquels nous travaillions avait décidé qu’il fallait que ce soit moi qui vienne (seule bien sûr) à un rendez-vous professionnel alors que je ne m’occupais pas de ce secteur commercial. Mon patron de l’époque (il y a plus de 15 ans)  voulait m’y envoyer juste parce qu’on aurait pu je cite « faire du chiffre »… j’ai bien sûr refusé en expliquant que je n’étais pas à vendre ! Il s’est heureusement rendu compte de l’absurdité de ses paroles et a été au rendez-vous.

Enfant, quel était votre métier de rêve (et pourquoi avoir changé d’avis) ?

Petite, j’étais fascinée par Katia Krafft et son mari tout deux volcanologues. Je rêvais de grandes aventures et de volcans crachant leurs flammes, de découvrir ces couleurs flamboyantes mais la peur (j’avoue) et le fait que je déteste camper ont eu raison de ce rêve. Plus grande, je voulais être présidente de la République (rien que ça) mais comme je vis en Suisse, ça risquait d’être compliqué.

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