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«La première boîte de petits pois Hero est dans un excellent état»

Un projet de recherche pilotée par la Haute Ecole Arc Conservation-restauration vise à améliorer la conservation des boîtes de conserve. A mi-projet, le point avec Laura Brambilla, sa responsable opérationnelle. Celle-ci explique notamment pourquoi les «vieilles» boîtes se détériorent moins vite.

 CANS asperges  Alimentarium, Musée de l’alimentation, une fondation Nestlé, Vevey, n°inv. AL5493  Quand les boîtes de conserves sont hissées au rang d’héritage culturel, un problème se pose: leur conservation. Un projet de recherche pilotée par la Haute Ecole Arc Conservation-restauration et son responsable Régis Bertholon étudie cette question. Laura Brambilla, une pétillante docteure en chimie, s’occupe de la partie opérationnelle de la recherche, financée par le Fonds national suisse. Plongeon avec elle dans CANS, pour Conservation of cAns in collectioNS, à la moitié du projet.
– D’où est née cette idée de recherche?
Laura Brambilla, chercheuse HES-SO: Elle vient de certains musées suisses eux-mêmes, comme l’Alimentarium à Vevey, ou le musée Burghalde à Lenzburg, qui doivent faire face à la dégradation de certaines boîtes de conserve. Parfois, des problèmes de corrosion surviennent. Dans d’autres cas, on constate un gonflement important.   
– Vous souhaitez conserver les boîtes avec leur contenu, pourquoi?
– Si beaucoup de musées vident les boîtes pour prévenir la dégradation, ce contenu a également une valeur culturelle. Tout d’abord, on peut traverser le temps et comprendre comment on fabriquait tel produit à telle époque. Par exemple, la première boîte de petits pois sortie de l’usine de l’entreprise  Hero, en 1886, a encore son contenu. Ce témoin du passé a une valeur réelle pour cette industrie.
– Et dans quel état se trouve cette première boîte de petits pois?
– Elle est en excellent état. Avec nos partenaires dans cette recherche, nous avons d’abord dressé un état des lieux de quelque 150 boîtes provenant de cinq collections helvétiques et le constat est clair : celles qui ont été fabriquées avant les années 1960 sont plus résistantes que les plus récentes.
– Qu’est-ce qui a alors changé dans la fabrication?
– La conception n’a pas grandement évolué. En revanche, la couche d’acier, et surtout la couche d’étain, s’est amincie, grâce à un procédé électrolytique. Au départ, on trempait les plaques d’acier dans un bain d’étain, ce qui renforçait la structure. La fabrication moderne des boîtes  utilise moins de matière et s’avère ainsi moins chère, mais leur potentiel de conservation s’en trouve amoindri.
– La suite de la recherche amènera-t-elle des pistes concrètes pour les musées?
– C’est l’objectif. Nous définissons actuellement les conditions idéales (température, humidité, etc.) pour conserver au mieux ces objets. Il faut ici trouver le meilleur compromis entre la boîte, le contenu et l’étiquette en papier, qui  possède également une valeur culturelle. Nous proposons également des manières d’ouvrir la boîte de la manière la moins invasive possible et nous penchons sur la corrosion à long terme. Nous devons pouvoir offrir aux musées des solutions adaptées. Parfois, il est quand même nécessaire d’ouvrir la boîte et nous pouvons nous poser la question: comment conserver le contenu autrement?

*le Musée d’ethnographie de Neuchâtel, le groupe tribology and interfaces chemistry de l’EPFL, les instituts Technologies du vivant et Systèmes industriels de la HES-SO

Contact

laura.brambilla@he-arc.ch

 

 CANS haricots  Museum Burghalde, Lenzburg, n°inv. HE2014-0206

Crédit ci-dessus: Museum Burghalde, Lenzburg, n°inv. HE2014-0206

Crédit de la boîte d'asperges: Alimentarium, Musée de l’alimentation, une fondation Nestlé, Vevey, n°inv. AL5493

Publié le 26.01.2016
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