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HES-SO Haute école spécialisée de Suisse occidentale

Des conférences et des ateliers pour dompter la douleur

Avec près de 250 participants, la première Journée de la Recherche du Domaine Santé de la HES-SO a rencontré un vif succès à Sion. Récit de ce voyage au coeur de la douleur, thème de cette rencontre

 Journée RaD Santé 2015  HES-SO Studio Bonnardot

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Du philosophe grec Epicure à l’utilisation d’avatars pour améliorer la conscience de soi, il y un reproche que l’on ne peut affubler à la première Journée de la recherche du Domaine de la Santé de la HES-SO, c’est celui de la monotonie. Le 25 novembre, chercheuses et chercheurs, praticiens et praticiennes de toute la Suisse romande ont envahi le centre de réadaptation de la SUVA, à Sion, pour cette première rencontre, consacrée à la «douleur repensée».

Double succès

Le succès est double, estime Luciana Vaccaro, rectrice de la HES-SO: la participation (quelque 250 personnes) a largement dépassé nos attentes, mais surtout, cette rencontre a permis de voir l’avancée des recherches liées à la douleur et d’offrir des pistes à creuser pour offrir un meilleur traitement des patients. C’est un redoutable défi sachant que 2,2 millions de personnes vivent avec une maladie chronique en Suisse.»
Récit de ce véritable «voyage au cœur de la douleur» en terre valaisanne, comme l’a baptisé Nataly Viens Python, présidente du comité Ra&D du domaine de la Santé. Tout d’abord, Françoise Schenk, professeure honoraire à l’UNIL, a posé les jalons, en revenant sur des concepts fondamentaux et des idées couramment répandues. Oui, la douleur, c’est dans la tête. «Et alors?» Pourquoi l’effet placebo existe? Qu’est-ce qui permet l’adhésion d’un sujet à ce qu’on lui propose? Au travers de sa réflexion, la chercheuse s’est ainsi penchée sur les généralisations abusives de la douleur.

Utilisation d'avatars

Dans un tout autre registre, celui des neurosciences, Olaf Blanke, professeur à l’EPFL a montré comment le patient avait conscience de son corps et comment on pouvait faire évoluer cette conscience. Ainsi, par exemple, sur des sujets sains, l’utilisation d’avatars (la personne est filmée puis porte un casque de réalité virtuelle) et de stimuli tactiles permet d’accroître le seuil de la douleur, de l’ordre de 20%. «Nous avons créé une nouvelle illusion, basée sur les battements de cœur du sujet. Cette stimulation cardio-visuelle évite de toucher les membres, parfois douloureux des patients», explique-t-il. Une étude clinique devrait suivre.
Après avoir en quelque sorte «trompé» le cerveau en mêlant robotique et réalité virtuelle, Anne-Sylvie Ramelet, professeure à l’UNIL, a posé la question de l’évaluation de la douleur. Pas sur le quidam, mais sur des personnes non communicantes, donc particulièrement vulnérables. Comprenez les nouveau-nés, les très jeunes enfants, les personnes intubées, cérébrolésées ou en état de conscience réduit. Cette spécialiste a rappelé que «le challenge était le même, face à l’incapacité des personnes à reporter leur douleur».

S'inspirer de «vieux» principes

Enfin, le voyage au pays de la douleur a remonté le temps avec François Prost. Ce professeur à l’Université de Paris-Sorbonne a notamment décortiqué l’apport théorique d’Epicure. En substance par exemple, le philosophe grec conseille de modérer son repas pour éviter des douleurs supérieures aux plaisirs obtenus. Ce mode de vie frugal n’empêche pas les douleurs dites inévitables et il offre alors là des stratégies pour y faire face, comme celle de compenser les douleurs par davantage de plaisirs. S’il est impossible d’appliquer ces principes tels quels, François Prost propose de s’en inspirer. «S’intéresser à la douleur, c’est s’intéresser à la personne toute entière», illustre-t-il.

Ateliers avec les chercheurs de la HES-SO

L’après-midi, les chercheuses et chercheurs de la HES-SO ont pu présenter leurs travaux lors de quatre ateliers différents : la douleur intraitable, regard sur la douleur chronique ; la douleur au-delà du corps ; maux sans mots, lorsque le langage se dérobe ; la douleur représentée, dans la relation et la culture. Des regards croisés qui, de près ou de loin, contribuent à l’amélioration de la connaissance et au final, de la prise en charge des patients.
Au vu de ce succès, une nouvelle journée de la recherche se déroulera-t-elle en 2016? «Je ne peux encore rien dévoiler, mais nous souhaitons innover l’année prochaine», conclut Nicole Seiler, responsable du domaine Santé de la HES-SO.

> Reportage de la RTS sur la douleur lors de cette journée 

Présentations des ateliers

 picto pdf   Morphinophobie, mythe ou réalité?
 picto pdf   La lombalgie chronique
 picto pdf   Douleurs chroniques chez la personne âgée: Résultats l’enquête VLV
 picto pdf   L’hypnose, un outil antalgique?
 picto pdf   Psychomotricité et douleurs fantômes
 picto pdf   L’évaluation de la douleur chez la personne en situation de handicap avec déficience intellectuelle
 picto pdf   L’évaluation de la douleur chez les patients non-communicants
 picto pdf   Attitudes de médecins face à la sédation palliative: faire dormir la personne ayant une souffrance spirituelle en fin de vie?
 picto pdf   Au-delà du corps-à-corps avec la douleur
 picto pdf   Douleur et construction de sens au sein de la relation soignant-soigné
 picto pdf   Intercompréhension de la douleur en situation interculturelle entre professionnels et patients

 

 

 
Publié le 27.11.2015
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