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Comment concilier nature et développement urbain

En Suisse en 2020, 75% de la population vivra dans les villes. Face aux enjeux de la densification des centres urbains, le programme de la HES-SO «Nature et Ville» propose des solutions sur le terrain. Au final, l'objectif est d'aider la population urbaine à bénéficier des avantages de la ville tout en jouissant d’une nature qui lui apporte des bienfaits, explique Sophie Rochefort, professeure HES-SO, responsable du programme

 Programme Nature et Ville  DR

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Comment concilier le développement urbain et la présence de la nature au cœur des villes ? Le programme de recherche Nature et ville explore de nombreuses pistes pour mieux comprendre ces interactions. Il permet aussi d’aider les autorités à prendre de bonnes décisions pour améliorer la qualité de vie de leurs habitants. La coordinatrice du programme, Sophie Rochefort, professeure HES-SO, présente ses grandes lignes.
– A quel défi de société répond ce programme?
– La thématique nature et ville doit nous aider à trouver des moyens pour permettre une présence appropriée de la nature dans la ville. L’accroissement de la population urbaine et le développement des cités sont aussi des défis environnementaux. Comment conserver ou favoriser la biodiversité? Comment mieux gérer les ressources naturelles? Comment favoriser la santé physique et morale des habitants grâce aux apports de la nature? Les défis sont environnementaux et humains. Au final, il s’agit d’aider la population urbaine à bénéficier des avantages de la ville – logement, travail, loisirs, mobilité – tout en jouissant d’une nature qui lui apporte des bienfaits. La question est d’autant plus urgente que, parfois, il ne suffit plus de préserver la nature, mais d’identifier les besoins des habitantes et habitants pour réintroduire de la nature dans la ville.
– Quels sont les axes d’action prioritaires?
–  Nous avons identifié quatre objectifs principaux:
1) Gérer et conserver la diversité des milieux naturels et des espaces verts urbains;
2) Protéger et mieux gérer les ressources naturelles;
3) Evaluer, planifier et concevoir des espaces urbains de qualité qui intègrent la nature;
4) évaluer la faisabilité et l’acceptabilité des méthodes et mesures proposées.
– Pouvez-vous nous présenter quelques projets pour illustrer ces axes?
– Nous finançons un projet de mise en oeuvre de surfaces végétalisées adaptées aux changements climatiques en milieu urbain dense. Il s’agit de déterminer quelle peut être la part de ces toitures pour favoriser la biodiversité et la gestion de l’eau dans le contexte du réchauffement climatique. Un deuxième projet est consacré au monitoring de la biodiversité urbaine. Il s’agit de permettre aux communes et aux cantons d’avoir des outils adaptés pour analyser ces aspects sur leur territoire. Le troisième projet s’intéresse aux structures végétales au service de la biodiversité. Il prend en considération toutes les formes de vies végétales en ville, «du trottoir au territoire». Le quatrième se penche sur les fonctions du sol comme régulateur du climat en milieu urbain. Le cinquième étudie l’augmentation des risques générés par l’étalement urbain pour l’homme et la nature. Un autre est consacré aux nouvelles typologies d'espaces de transition entre l’habitat et la nature, avec le but de permettre d’accueillir plus de variétés et de diversités (biologiques et humaines) dans les territoires urbains.
– Quel est l’apport d’un tel programme dans l’organisation de la recherche?
– Ce programme nous permet de créer un fil rouge et de choisir des projets qui y répondent spécifiquement. Ça conduit à un processus très cohérent et à la naissance de projets complémentaires dans leur enchaînement.
– Quelles sont les forces spécifiques de la HES-SO dans ces domaines?
– Nous répondons véritablement à des problèmes rencontrés au quotidien par les communes et les cantons et nous développons des outils pour eux.
– Qu’apporte un tel programme à la formation des étudiantes et étudiants?
– Il permet de leur transmettre des savoirs de pointe sur des sujets qui sont au cœur de leur branche. Nous intégrons aussi des étudiantes et étudiants Master dans les projets et les résultats jouent un rôle très important pour la formation continue, par exemple dans le CAS Nature en ville qui est proposé à hepia. Nous voulons aider les professionnels confrontés au quotidien à ces thèmes à se former. A la fin de certains projets, nous réunirons les personnes concernées pour les informer des résultats.

Responsable du programme

Sophie Rochefort, Professeure HES-SO, Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève

> Description du programme

 

Publié le 07.01.2016
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