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Fabriquer des vêtements de sport grâce au prototypage virtuel

Un projet de recherche de la HEAD-Genève a obtenu le soutien de la Commission pour la technologie et l’innovation (CTI). Il vise à améliorer la simulation des mouvements des tissus en fonction de leur déformation

Actuellement, les fabricants de vêtements de sport s’appuient encore majoritairement sur des mannequins figés pour tester leurs nouveautés. Mais cela devrait changer. En effet, une équipe de chercheurs de la HEAD - Genève a démarré, début octobre, un projet de recherche pour améliorer la simulation 3D et le prototypage virtuel pour cette industrie.

Partenariat avec Odlo

 Christiane Luible   © Sandra Poitet / HEAD Professeure HES-SO à la HEAD, Christiane Luible est à la tête de l’équipe de trois personnes qui travaille sur ce projet. Devisé à plus de 230'000 francs, celui-ci a obtenu un financement de la Commission pour la technologie et l’innovation (CTI). Le partenaire industriel, l’entreprise helvétique Odlo, s’est également impliquée financièrement dans ces recherches. «Nous devrons définir jusqu’où peut aller le prototypage virtuel, l’objectif étant par exemple de réduire de moitié les essais sur les mannequins», explique Christiane Luible, spécialiste de la simulation.
Contrairement aux apparences, les tissus s’avèrent très complexes au niveau de leur architecture, avec des similitudes de comportements de matériaux liquides et rigides parfois. «Il faut donc réussir à mesurer la déformation de tel ou tel tissu en fonction des positions usuelles d’un sport», poursuit la professeure.

Débardeur d'un cycliste

La fondation genevoise Artanim et le professeur Caecilia Charbonnier sont également parties prenantes de ce programme de recherche, notamment grâce à leur maîtrise des technologies de capture des mouvements, qu’il faut intégrer dans le processus.
Outre l’optimisation du système de simulation, l’objectif des chercheurs est d’améliorer au final le short ou le débardeur d’un cycliste ou d’une skieuse, donc le confort des sportifs. D’autres fabricants pourraient alors se montrer friands de cet outil, qui permet notamment de réduire les coûts de production et d’accroître la rapidité de réponse aux attentes du consommateur.

Contact
Chritiane Luible:

Spécialiste dans le secteur Design Mode virtuel 3D, Christiane Luible a collaboré à de nombreux projets de recherche européens pour l’application des technologies du futur dans la mode. De 2008 à 2013, elle était responsable de la filière Design Mode, Accessoires et Bijou à la HEAD–Genève. En 2014 elle a fondé l’entreprise Vitryon et elle continue de collaborer avec la HEAD – Genève en tant que professeure HES.

HEAD
La HEAD – Genève, Haute école d'art et de design, est une haute école de la HES-SO et propose un vase choix d’enseignements de niveau bachelor (arts visuels, cinéma, architecture d’intérieur, communication visuelle, design mode et accessoires) et de programmes master (arts visuels, cinéma, design mode et accessoires, espaces et communication, media design).

Artanim
Artanim est une fondation à but non lucratif fondée en 2011 par trois spécialistes de la capture de mouvement: Caecilia Charbonnier, Clémentine Lo et Sylvain Chagué. Leur technologie permet d'enregistrer les mouvements d'un acteur réel afin de les appliquer à un personnage virtuel.

Odlo
D’origine norvégienne, l’entreprise désormais établie en Suisse est une marque de vêtements de sport leader sur le marché. Plusieurs fois primée, Odlo conçoit des vêtements de qualité très élevée pour tous les sportifs.


Publié le 06.10.2015

Entretien    

 

 

HES-SO: Que signifie ce financement CTI pour la HEAD-Genève?
 Anne-Catherine Sutermeister  DR Anne-Catherine Sutermeister, responsable de l’Institut de recherche en arts et design (Irad): «Nous sommes d’abord extrêmement heureux et fiers. Il faut savoir que pour les domaines du design et des arts, les critères de la CTI s’avèrent très exigeants, puisque le projet doit être commercialisable dès la fin du processus. Or nos disciplines ne sont pas principalement orientée vers le marché. Et pourtant, ils contribuent de manière déterminante à insuffler un esprit de créativité dans un tissu socio-économique. Cette créativité-là n’est malheureusement pas soutenue , mais reste que le succès de ce projet en particulier, orienté application, nous ravit.

- Ce succès constitue-t-il également une forme de reconnaissance par rapport à la culture de la recherche que votre établissement a développée?
- Oui, ma prédécesseure avait déjà entamé le processus en développant des outils de scientificité pour la recherche en design à travers une publication, ce qui a amélioré les méthodes de recherche en design et en arts. Depuis, plusieurs projets orienté vers l’application ont vu le jour, et des projets FNS ont été décrochés. Obtenir un projet CTI confirme le fait que des perspectives sont possibles en design.

- Serait-ce dans votre stratégie de vous orienter davantage vers des projets de recherche dits «industriel»?
Non, ce n’est pas ainsi que nous réfléchissons. Nos compétences fortes émanent des enseignements: communication visuelle, architecture d’intérieur, design mode, espaces et communication, média design, arts visuels, cinéma. Ma mission principale est d’encourager et de soutenir les professeurs en les amenant vers les fonds de recherche qui sont plus le en adéquation avec leur spécialité.  

 

 

 

 

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