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Cette start-up valaisanne qui veut nous faire grignoter des insectes

D'ici à la fin de l'année, le marché devrait se libéraliser en Suisse. Groozig, une jeune pousse valaisanne issue du programme d'entrepreneuriat de la HES-SO Business eXperience, est dans les starting-blocks pour surfer sur la vague de l'entomophagie

 entomophagie Groozig BeX  Fotolia Et si vous offriez des petits vers croustillants au paprika à l’apéro? La commercialisation d’insectes pour la consommation par des humains n’est pas encore libéralisée en Suisse, mais c’est pour demain. En effet, la législation avance dans ce sens puisque la loi a été adoptée en juin 2015 et la promulgation de l’ordonnance est pour septembre 2016  ou janvier 2017 au plus tard.
Du coup, les start-up sont dans les starting-blocks. C’est le cas de la société valaisanne Groozig, née cette année du programme d’entrepreneuriat de la HES-SO Valais Wallis Business eXperience (BeX).
Et pour être prêts le jour J, une étudiante et quatre étudiants de la HES-SO ont développé leur projet dans le cadre de cette école-entreprise. Karen Suard (économiste d’entreprise à la HEIG-VD), Bastien Chabbey (économiste d’entreprise à la HEG-GE), Damien Chatelan (ingénieur agro-alimentaire à la HES-SO Valais-Wallis), Philippe Morant et Michaël Berdat (tous deux ingénieurs en biotechnologies à la HES-SO Valais-Wallis) ont trouvé une ferme d’insectes en Europe pour s’approvisionner.

«Comme les crevettes il y a 30 ans»

«Nous créons actuellement des recettes et allons réaliser des dégustations, explique Michaël Berdat. Les gens ne sont pas encore habitués, il faut donc les éduquer à cette nouvelle alimentation, très bénéfique d’un point de vue nutritionnel, mais aussi écologique en comparaison aux protéines animales.» Engagée sur ce dossier, la conseillère nationale vaudoise vert’libérale Isabelle Chevalley abonde dans ce sens: «Avec dix kilos de nourriture, on peut produire 9 kilos de protéines d’insectes alors qu’on ne produira que 3 kilos de protéines de bœuf.» Pour l’élue, c’est également une question de culture, un peu à l’image de l’introduction des crevettes il y a 30 ans. «Aujourd’hui, elles font partie de notre nourriture comme le poulet. Et dans 30 ans, on se demandera pourquoi on a fait autant d’histoire sur cette consommation d’insectes.» Rappelons que dans le monde, plus de deux milliards de personnes consomment couramment des insectes.

Surmonter le dégoût visuel

Pour l’heure toutefois, l’utilisation d’insectes sous forme de farine restera interdite en Suisse. Il s’agira donc de rendre les grillons domestiques, les criquets migrateurs et les vers de farine appétissants. Ce sont les trois espèces qui seront autorisées dans le pays. «Au final, ça ressemble à une chips, mais il faut surmonter le dégoût visuel pour certains», admet l’équipe de Groozig.
Des fermes d’insectes existent en Suisse (pour l’alimentation animale) et d’autres start-up, comme l’alémanique Essento, sont prêtes à surfer sur la vague de l’entomophagie. Comment consommerons-nous les insectes demain en Suisse? L’association Grimiam a été fondée en 2003 «avec la mission de sensibiliser la population et les décideurs politiques que l'élevage et la consommation d'insectes sont une alternative efficace pour le développement durable de notre société».
«Cette expérience nous a donné le goût d’entreprendre. Quand tu mènes ton propre projet, c’est ton bébé et ça te donne envie d’aller le plus loin possible», confie Michaël Berdat, en conclusion. Et comme l’appétit vient en mangeant…

Page Facebook de Groozig

 

Publié le 29.03.2016
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